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Revenu universel d'activité d'Emmanuel Macron : "Il y a la contrefaçon et le mensonge", réagit Benoît Hamon

Selon l'ex-candidat PS à la présidentielle, la mise en place de ce revenu, dans le cadre du plan pauvreté, ne sera "pas universel", puisqu'il sera placé sous la condition d'une activité. 

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Benoît Hamon, chef de file du mouvement Génération-s, invité de franceinfo le 20 septembre 2018
Benoît Hamon, chef de file du mouvement Génération-s, invité de franceinfo le 20 septembre 2018 (RADIO FRANCE / FRANCEINFO)

Le chef de file du mouvement Génération-s, Benoît Hamon, invité jeudi 20 septembre de franceinfo, a estimé que "l'emprunt" du chef de l'État qui annonce un revenu universel d'activité, dans le cadre du plan pauvreté, relevait de "la contrefaçon et du mensonge", par rapport au revenu universel que lui-même avait développé pendant la campagne présidentielle de 2017. Emmanuel Macron annonce un revenu "universel mais conditionné, donc pas universel", a déclaré l'ex-candidat PS à la présidentielle. 

"Vous avez un RSA aujourd'hui, il sera désormais très conditionné à l'activité. Un RSA pour lequel il va falloir bosser pour avoir 600 euros à la fin du mois", a poursuivi Benoît Hamon. Il a estimé qu'Emmanuel Macron était "très ressemblant à ses prédécesseurs", citant "Hollande" et "Sarkozy". Emmanuel Macron "a une politique qu'il assumait jusqu'ici, clairement en faveur des plus aisés, des plus riches et à coup de meurettes on essaye de faire passer un tournant social, de rependre un baume sur le corps meurtri de la France", a-t-il déclaré. "Le chômage, raté. La croissance, raté. Les pratiques au sommet du pouvoir, raté (...). Qu'est-ce qui a changé ? Il y a une chose qui a changé. Les riches vont beaucoup mieux aujourd'hui", a-t-il lancé. 

Cependant, au sujet du du vote par les députés de la fin du "verrou de Bercy" pour les gros fraudeurs fiscaux, Benoît Hamon s'est dit "très heureux". "Quand il y a de bonnes nouvelles, réjouissons-nous", a-t-il lancé.

Une affaire "Macron"

Au lendemain de l'audition de l'ex-chargé de mission de l'Élysée, Alexandre Benalla, par la commission d'enquête sénatoriale, le fondateur de Génération-s a estimé que "l'affaire Benalla" était "une affaire Macron""La question c'est comment se fait-il que ce type de comportements puisse se loger, se nicher si près du président de la République, au point qu'un homme jeune, puisse avoir autorité sur des gendarmes et des policiers pour organiser la sécurité du président de la République", a estimé l'ancien ministre de l'Éducation, sous François Hollande.  

"J'attribue à la Ve République la manière dont le pouvoir fonctionne, un vice profond qui crée cette forme d'impunité, ces privilèges, cette absence de transparence", a poursuivi Benoît Hamon. "Il y a une manière d'exercer le pouvoir qui encourage ce type de comportement. Fondamentalement, la question qui nous est posée à nous, citoyens français, conserve-t-on ce régime ? La Ve République est totalement immature" a-t-il affirmé.

Une immigration clandestine "dangereuse"

Enfin, appelé à s'exprimer sur la question migratoire, Benoît Hamon a estimé qu'aujourd'hui "la France est fermée", ce qui provoque "une immigration illégale (...) pour l'essentiel". "Accepter une immigration clandestine est très dangereux pour notre pays, dangereux pour ces personnes, a-t-il déclaréappelant à de "l'humanité" et "un plus grand sens de l'efficacité des politiques publiques."

Regardez l'intégralité de l'entretien de Benoît Hamon sur franceinfo le 20 septembre 2018.

Benoît Hamon, chef de file du mouvement Génération-s, invité de franceinfo le 20 septembre 2018
Benoît Hamon, chef de file du mouvement Génération-s, invité de franceinfo le 20 septembre 2018 (RADIO FRANCE / FRANCEINFO)