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Le décryptage éco. La France dans le peloton de tête des nations qui vendent le plus d'armement au monde

Plus 30%, l’année dernière… la France a vendu beaucoup plus d’armement .Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

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Un avion de chasse de type Rafale construit par Dassault.
Un avion de chasse de type Rafale construit par Dassault. (NICOLAS MAETERLINCK / BELGA MAG)

Les ventes d'armes françaises marchent bien. Elles ont connu une augmentation de 30% l'an dernier. Le gouvernement ne s’en vante pas forcément, c’est bien plus sensible que le vin ou le luxe. Il y a quelques jours encore, la cellule d’investigation de Radio France dévoilait que l’armement français est bien utilisé dans la guerre au Yémen. Ce qui évidemment est embarrassant pour Paris. La France est d’ailleurs régulièrement mise en cause, par la presse et des ONG, pour ses ventes d'armement à destination de Ryad et d'Abou Dhabi, engagés dans le conflit armé au Yémen. Mais derrière la géopolitique, il y a l’économie.  

Troisième exportateur d’armes au monde

Selon la Sipri (Stockholm International Peace Researche Institute), un institut indépendant spécialisé dans la recherche sur les conflits, La France est une référence. C’est le troisième exportateur d’armes au monde, derrière les États-Unis et la Russie, quand L’Allemagne et la Chine se placent en 4e et 5e rang. L’année dernière, les exportations d’armement ont représenté neuf milliards d’euros, selon les chiffres dévoilés par la ministre des Armées, Florence Parly . C’était sept milliards en 2017, et encore 2017 n’était pas une très bonne année car avec les élections présidentielles les pays avaient attendus de voir quel président l’emporterait avant de passer les commandes.    

En 2018, la France a signé deux gros contrats même si il y a une polémique sur le fait que le ministère les prend en compte dans son calcul. En fait, ces contrats n’ont pas encore été encore notifiés aux industriels, car les pays concernés n’ont pas versé d'acomptes. Mais ces contrats, c’est notamment la vente par l’industriel français Nexter de véhicules blindés à la Belgique, qui représente 1,5 milliard d’euros, et un gros contrat d’hélicoptères militaires passé avec l’Espagne et porté par Airbus Helicoptère qui représente aussi 1,5 milliad d’euros. Le Qatar a aussi acheté 12 Rafale de Dassault Aviation, et le Koweit a signé avec Arquus (ex-Renault Trucks Defense) un contrat qui porte sur la fourniture de 300 véhicules blindés pour 270 millions d'euros.  

Un écosystème hautement stratégique

La France a l’habitude de travailler avec l’Arabie saoudite, le Qatar, mais aussi l’Egypte ou l’Inde. On vend aussi beaucoup à nos voisins européens ou encore à l’Afrique. L’armement fait travailler 200 000 personnes en France et à côté d’une poignée de grands groupes souvent d’envergure européenne, on trouve des milliers de start-up et petites entreprises. C’est tout un écosystème qui est hautement stratégique, et dont les emplois sont souvent difficilement délocalisables. Ils sont répartis sur tout le territoire, font vivre des bassins d’emplois. Et ça devrait continuer. Les prévisions sont en croissance et le marché mondial de l’armement est au plus haut depuis la guerre froide.

Un avion de chasse de type Rafale construit par Dassault.
Un avion de chasse de type Rafale construit par Dassault. (NICOLAS MAETERLINCK / BELGA MAG)