Les armes françaises "ne sont pas utilisées de façon offensive au Yémen", affirme la ministre des Armées Florence Parly

Après la fuite, cette semaine, d'une note militaire listant les armements français présents au Yémen, la ministre a réaffirmé la position officielle, jeudi.

La ministre des Armées, Florence Parly, après un Conseil des ministres, le 27 février 2019 à l\'Elysée.
La ministre des Armées, Florence Parly, après un Conseil des ministres, le 27 février 2019 à l'Elysée. (MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY / AFP)

La ministre des Armées, Florence Parly, a répété que les armes vendues par la France à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis "ne sont pas utilisées de façon offensive dans la guerre au Yémen", jeudi 18 avril, sur Radio Classique. Paris est régulièrement mis en cause pour ses ventes d'armement à destination de ces deux pays, engagés dans une guerre qui a fait au moins 10 000 morts depuis 2015, dont de nombreux civils.

"En tout cas, moi, je n'ai pas d'éléments de preuve permettant de dire ça, que des armes françaises sont à l'origine de victimes civiles au Yémen", a ajouté Florence Parly.

Fin janvier, la ministre avait déclaré sur France Inter ne pas avoir connaissance que des "armes [françaises] soient utilisées directement dans ce conflit". Cette position officielle a été mise à mal par la diffusion récente d'une note de renseignement militaire d'octobre 2018 dressant la liste des armements français déployés au Yémen par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, gros clients de l'industrie française de défense.

Des canons le long de la frontière saoudo-yéménite

La Direction du renseignement militaire précise notamment que les belligérants utilisent des canons Caesar français le long de la frontière avec le Yémen. Ceux-ci sont au nombre de "48" et "appuient les troupes loyalistes, épaulées par les forces armées saoudiennes, dans leur progression en territoire yéménite". Autrement dit, les tirs de canons français ouvrent la voie pour les blindés et les chars déployés au Yémen. Pas uniquement, donc, dans le cadre d’une action défensive, comme semble une nouvelle fois l'affirmer la ministre.

>> Des armes françaises sont bien utilisées au Yémen, selon une note "confidentiel Défense"

"C'est la première fois qu'une source officielle, le renseignement militaire français, confirme ce que les ONG mettent en lumière depuis des mois, avaient réagi dix ONG internationales, dont Amnesty International, la FIDH et Human Rights Watch. Les équipements militaires français achetés par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis sont engagés dans la guerre au Yémen, avec un risque élevé de leur utilisation dans des attaques illégales contre des populations civiles."