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L'État veut-il mettre la main sur l'argent des retraites complémentaires ?

Plus de 13 millions de personnes qui bénéficient d’une retraite complémentaire vont voir leurs pensions revalorisées mardi 1er novembre. Mais il y a des craintes  sur les réserves du régime. Le décryptage de Fanny Guinochet.

Article rédigé par franceinfo - Fanny Guinochet
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Publié Mis à jour
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Une enseigne de l'organisme de retraites complémentaires "Agirc-Arcco". (SEBASTIEN JARRY / MAXPPP)

Les retraites complémentaires vont être revalorisées de 5,12%. C’est un peu moins que l’inflation mais cela représente une vingtaine d’euros de plus par mois qui apparaîtront sur les versements de cette fin de semaine.

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En tout cas, c'est un coup de pouce bienvenue pour ces anciens salariés du secteur privé, qui en plus de leur retraite de base, sont donc affiliés à l’ Agirc-Arrco. Ça n’est pas négligeable. Les pensions complémentaires représentent entre 30 et 60% du montant de la retraite totale. La particularité de ces régimes, c'est qu'ils sont gérés par les partenaires sociaux, syndicats et patronat et plutôt bien gérés. Il n’y a pas un euro de dette et en réserve, plus de 60 milliards d’euros.  

Justement, les gestionnaires de ce régime s’inquiètent pour cette cagnotte. Il y a la crainte que l’État ne mette la main dessus. Dans le budget de la Sécu, adoptée en 49-3, la collecte des cotisations, aujourd’hui faite par l’Argic-Arco, doit être transférée aux Urssaf. C’est prévu pour le 1er janvier 2024, il y a encore un peu de temps.

L’affaire prend une tournure politique 

Derrière ce changement, les partenaires sociaux accusent le gouvernement de vouloir s’emparer des finances. Ils craignent qu'en mettant la main sur le tuyau,  l’exécutif ne se serve au passage. C’est à dire capter une partie des cotisations des actifs du privé et affecter ensuite l’argent à autre chose que le seul versement des pensions de retraite. Avec le risque donc, qu’il y ait moins d’argent pour les retraités et les futurs pensionnés. Les sommes en jeu sont importantes : cette année, l’Agirc-Arrco collecte autour de 90 milliards d’euros de cotisations !  

Les sénateurs sont majoritairement contre le changement. Le texte est d’ailleurs discuté en ce moment au Sénat. Ce week-end, dans une tribune dans la presse, une quinzaine de députés de tous bords ont aussi exprimé leur opposition à ce changement. Mais, le gouvernement a l’air déterminé, certains diront braqué. Avec cet argument : celui de la simplification. Ce sera beaucoup plus fluide si ce sont les Urssaf qui collectent des cotisations Agirc-Arrco.

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