Entreprises : les DRH craignent que les questions d'augmentations de salaire et du télétravail dégradent le climat dans les entreprises

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Les salariés demandent des augmentations de salaire et mettent les employeurs sous pression. C’est ce que révèle une enquête de l’Association nationale des DRH, les directeurs des ressources humaines. Le décryptage de Fanny Guinochet.

Article rédigé par
Fanny Guinochet - franceinfo
Radio France
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Des bulletins de paie. (NICOLAS KOVARIK / MAXPPP)

Le sujet des salaires monte dans les entreprises. Déjà parce que la période des négociations salariales s’ouvre, mais aussi parce qu’avec la flambée des prix de l’électricité, du gaz, du carburant, les Français cherchent comment boucler leurs fins de mois. Enfin parce qu’à plusieurs reprises, le gouvernement a incité les employeurs à se montrer plus généreux, et à revaloriser les salaires. De fait, près d’un DRH sur deux envisage de faire évoluer sa politique de la rémunération dans les prochains mois, c’était à peine un gros tiers en janvier dernier.

Mais toutes les entreprises ne pourront pas augmenter les salaires car certaines ne sortent pas de la crise avec une trésorerie en très bonne forme. Les employeurs vont donc plutôt privilégier des hausses individuelles de salaire liées à la performance de chaque employé, que des hausses collectives et groupées. Ils craignent que cette question des rémunérations ne perturbe le climat social dans les sociétés, climat qui est plutôt bon, selon 71% des DRH interrogés.

Le pouvoir d’achat, mais aussi le télétravail animent les échanges en entreprises. Près de 4 000 accords ont été signés mais malgré ces accords, dans 15% des cas, la mise en place du télétravail pose problème. Les litiges portent sur les postes éligibles ou non, ou sur le nombre de jours de travail à distance. Après des mois de confinement, les salariés ne veulent pas tous revenir sur sites : il y a des refus.

Certains postes peuvent être délocalisés

Les DRH craignent aussi que le 100% en télétravail ne supprime des postes. Ce risque existe, pas dans l’immédiat mais dans quelques mois. Puisque certains postes ne nécessitent pas une présence physique dans l’entreprise, ils peuvent être délocalisés vers des pays où le coût de la main-d’œuvre est moins élevé en Asie, en Europe de l’Est, notamment.

Les postes concernés sont les fonctions support, les comptables, les ingénieurs, les gestionnaires de données, etc. Après avoir été plutôt privilégiés pendant les confinements, grâce au télétravail, les cols blancs pourraient bien connaître un retour de bâton et être les grands perdants de cette crise. L’Association nationale des DRH appelle à la vigilance, des milliers d’emploi pourraient disparaître de l’Hexagone.

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