Économie : les dépôts sur le livret A au plus haut

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En février 2022, le placement préféré des Français a connu les versements les plus importants depuis 2009. Le décryptage de Fanny Guinochet.

Article rédigé par
Fanny Guinochet - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
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Un livret A et des billets de banque. (AFP)

Le 1er février 2022, après plus de 10 ans sans hausse, le gouvernement a doublé le taux de rémunération du livret Ale passant de 0,5% à 1%. De quoi sûrement inciter les 55 millions de Français qui en ont un à mettre de l’argent dessus.

Le mois dernier, l’ensemble des versements ont largement dépassé les retraits, de près de trois milliards d’euros ! Un niveau que l’on a pas vu depuis plus de 13 ans. Pourtant, le rendement réel du livret A reste encore négatif puisque son taux de rémunération, 1%, est très inférieur au niveau de l’inflation qui, lui, dépasse les 3,5% et risque encore d’augmenter. Il faut remonter au début des années 1980 pour avoir un tel écart entre le rendement du livret A et le niveau de l’inflation.

Le livret A reste un placement refuge, surtout dans une période aussi incertaine avec la guerre en Ukraine, une épidémie de Covid qui repart. Les Français mettent de l’argent de côté pour pouvoir faire face aux dépenses de demain. Si l’inflation s’installe, ils piocheront dans cette cagnotte pour garder leur niveau de vie. C'est une épargne de précaution.

Tout le monde ne peut pas épargner

On l’a vu pendant la pandémie, selon la Banque de France, les Français ont accumulé collectivement plus de 170 milliards d’euros. Mais selon une étude du Conseil d'analyse économique, organisme rattaché à Matignon : beaucoup ont, déjà, en partie pioché dans ces bas de laine. Ce sont surtout les plus pauvres qui ont utilisé cette épargne : les 20% les plus modestes, qui avaient pu mettre un peu d’argent de côté, ont déjà tout dépensé. En revanche, les plus aisés, eux, continuent d’accumuler de l’épargne supplémentaire, les 10% les plus riches continuent de s’enrichir. Ce qui creuse les inégalités.

Cette épargne est aussi un enjeu pour la croissance car la consommation reste le premier moteur de notre économie. Quand les gens achètent, dépensent, ça dope l’activité des entreprises, leurs investissements, l’emploi aussi car il faut des salariés pour produire des biens et dispenser les services. Or, en début d’année, l’Insee note que les Français ont déjà contracté leurs dépenses, pour faire face à la hausse des prix des carburants et de l’énergie, mais aussi par crainte de l’avenir.

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