Automobile : pourquoi tout miser sur la voiture électrique est un pari risqué pour les constructeurs

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À 15 jours du Mondial de l’Auto de Paris, les deux constructeurs français, Renault et Stellantis alertent : il est risqué de tout miser sur les véhicules électriques. Le décryptage de Fanny Guinochet.

Article rédigé par
Fanny Guinochet - franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 1 min.
Un véhicule électrique en pleine recharge. (DENIS CHARLET / AFP)

Des constructeurs automobiles investissent des milliards d’euros dans les véhicules électriques, car les instructions de Bruxelles sont claires : en Europe après 2035, il ne sera plus possible d’acheter un véhicule thermique. Mais, les constructeurs s’inquiètent de cette bascule vers le tout électrique car le contexte est de moins en moins propice. Il y a d’abord le prix de l’électricité qui augmente. Tous les opérateurs de bornes connaissent des hausses. Du coup, recharger son véhicule sur les bornes publiques revient plus cher.

À la maison, les particuliers sont encore protégés par le bouclier tarifaire mais ils le seront un peu moins l’an prochain. Cet hiver, le gouvernement en appelle à la sobriété énergétique. Il y a aussi le manque de semi-conducteurs encore très pénalisant. Faute de pièces, les constructeurs doivent arrêter régulièrement leurs lignes de production et pas d’amélioration en vue avant l’an prochain. Enfin, les batteries. Certes, on construit des usines en France, mais ces batteries sont faites avec des métaux rares, que l’on importe d’Asie. À plus long terme, on a un véritable problème    

Les voitures électriques restent chères 

Depuis longtemps Carlos Tavares, le patron de Stellantis souligne le risque social.  Tout le monde ne pourra pas se payer un véhicule propre qui coûte en moyenne 25% de plus qu’un thermique. Certes, les voitures électriques représentent aujourd’hui en France près de 13% des ventes, selon les derniers chiffres. Ça progresse assez vite, mais c’est notamment grâce aux aides et bonus du gouvernement. Bonus écologiques qui vont être réduits l’an prochain. Ils pourraient être réservés aux voitures électriques fabriquées sur le territoire européen. Bercy milite en ce sens. 

Freiner la concurrence chinoise

Une des voitures électriques les plus vendues en France est la Spring de Dacia, importée de Chine. C’est aussi une des moins chères du marché. Les Chinois sont très offensifs actuellement en Europe sur l’électrique. De quoi inquiéter les constructeurs français : Ils avaient un avantage compétitif avec les moteurs thermiques, mais ils ont tendance à le perdre avec l’électrique.

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