Compléments alimentaires pour le sommeil et le stress : soyez vigilant et prévenez votre médecin

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Plus d'un français sur deux consomme des compléments alimentaires. Le magazine "60 Millions de consommateurs" a comparé trente produits censés nous aider à dormir ou à réduire notre stress. Vraies ou fausses allégations, interactions, Adélaïde Robert-Géraudel a mené l'enquête. 

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Radio France
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Attention aux compléments alimentaires. Ils ne sont pas inoffensifs. (Illustration) (GETTY IMAGES / COLLECTION MIX: SUB)

La quête d'un bien-être, d'un organisme vigoureux, qu'on nous promet faciles à obtenir grâce à quelques gélules : plus d'un français sur deux consomment ces compléments alimentaires. Il y a des produits efficaces, d'autres qui frôlent l'arnaque, et en tous cas beaucoup de marketing. Les précisions d'Alélaïde Robert-Géraudel, qui signe un long dossier paru dans le dernier numéro de 60 Millions de consommateurs. 

franceinfo : Dans votre enquête sur les compléments alimentaires qui visent à améliorer notre sommeil et réduire notre stress, vous passez au crible 30 produits différents, et notamment leur composition. Que trouve-t-on dans ces produits ?

Alélaïde Robert-Géraudel : On trouve plein de choses. Des substances actives comme des vitamines, des minéraux et des plantes. Et le plus souvent, un cocktail de ces différents ingrédients, dont deux ou trois peuvent être mis en avant sur l'emballage et une quinzaine d'autres figurent dans le détail des ingrédients, en plus des arômes, acidifiants, épaississants, édulcorants...
 
Ce sont des principes actifs reconnus, gage d'efficacité ou il y a des doutes ?

Certains sont des principes actifs reconnus pour leurs effets sur le stress ou le sommeil comme la mélatonine, la valériane ou le houblon. D'autres sont présents alors que leur intérêt pour le stress et le sommeil n'est pas étayé, et qu'il y a des inquiétudes concernant leur sécurité, comme le sélénium ou le tryptophane.

Par ailleurs, le fait qu'un complément alimentaire contienne des principes actifs, à l'efficacité et la sécurité reconnues, ne veut pas dire qu'il est efficace et sûr : on a analysé des compléments avec beaucoup de substances actives, or ce n'est pas parce que vous en mettez plus que c'est plus sûr et efficace.
 
Ce qui saute aux yeux quand on regarde votre tableau comparatif c'est que les prix ne sont pas gage de qualité ?

Oui, ça, c'est assez habituel. On paye parfois plus le marketing que la qualité de la composition ou des matières premières.
 
Vous évaluez donc la composition des produits mais aussi l'étiquetage et le sérieux des mises en garde, car ces compléments ne sont pas à prendre n'importe comment. Le consommateur est-il bien guidé ?

Non, l'étiquetage est globalement insuffisant – et écrit en tout petit ! C'est particulièrement frappant pour des compléments alimentaires dont la composition est en fin de compte assez proche de celle de certains médicaments. Comme les compléments à base de mélatonine. Si l'on compare la notice du médicament à l'étiquetage d'un complément, c'est particulièrement net : il y a des mises en garde qui n'apparaissent pas. Alors qu'à 0,10mg près, on a la même quantité de mélatonine dans le médicament et le complément alimentaire.
 
Ce que vous dites, c'est qu'il faut considérer la consommation de ces compléments alimentaires comme celle des médicaments ?

Il vaudrait mieux, oui. Il vaudrait mieux se dire que si l'on attend de ce produit une efficacité, c'est qu'il est actif et qu'il peut, aussi, présenter des contre-indications, avoir des effets indésirables, interagir avec des médicaments. Et avoir conscience du fait que ces produits ne sont pas inoffensifs et sont moins contrôlés que les médicaments. 
 
Il y a donc des précautions à prendre, peut-être que les conseils d'un médecins sont les bienvenus ?

Oui, il faut lire et respecter les précautions d'usage, ne pas prendre en continu les compléments alimentaires, ne pas en prendre plusieurs à la fois (un pour le sommeil, un pour les cheveux, un pour le confort intestinal...) et toujours prévenir son médecin, surtout si l'on prend des médicaments ou si l'on a un état de santé particulier.

Et, pour participer à l'amélioration de ces produits, si vous avez des effets indésirables que vous pensez être liés à un complément alimentaire, il faut demander à votre médecin ou à votre pharmacien de faire une déclaration sur le site de Nutrivigilance.

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