Présidentielle 2022 : que change le spectre d'une guerre en Ukraine ?

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La crise ukrainienne, aux portes de l’Europe, offre à l’opposition l’occasion d’attaquer le bilan diplomatique d’Emmanuel Macron.

Article rédigé par
Neila Latrous - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Emmanuel Macron avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Bruxelles (Belgique) le 15 décembre 2021 (KENZO TRIBOUILLARD / POOL)

La perspective d'une incursion russe en Ukraine offre aux candidats l'opportunité d'interroger le bilan diplomatique du quinquennat – globalement la place de la France dans le monde – et les orientations portées dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne, comme l’idée d’une "Europe puissance".

C’est sans surprise chez les candidats nationalistes que la critique est la plus virulente. "L’Europe est un nain diplomatique, les Russes et les Etats-Unis se fichent complètement de nous", assène par exemple un membre de l’équipe d’Eric Zemmour. Autour de Marine Le Pen, on juge que "la France joue en deuxième division, parce qu’exclue des négociations directes entre les deux grandes puissances." "Les Russes ont compris que l'Allemagne reste le vrai patron de l'Europe", critique l'eurodéputé RN Thierry Mariani. 

Pour les Insoumis, la crise ukrainienne met en lumière ce qu’ils appellent "la diplomatie du mégaphone d’Emmanuel Macron : de grandes annonces qui n’ont que des effets de politique intérieure." "Emmanuel Macron n'évitera pas la guerre, glisse un conseiller, si les Etats-Unis décident d'y aller, ils iront, que Macron le souhaite ou non."

>>> "La voix de la France est absente sur la crise ukrainienne", selon Fabien Roussel

Les soutiens de Valérie Pécresse comparent, eux, la gestion de la crise ukrainienne par Emmanuel Macron à celle de la crise géorgienne en 2008, sous Nicolas Sarkozy, une époque où la France assurait là aussi la présidence de l’UE. Un ministre de l’époque se gausse du coup de fil prévu aujourd’hui entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine. "En 2008, rappelle le même, Sarkozy avait sauté dans son avion pour débarquer en Géorgie et ramener la paix." 

Autour d'Emmanuel Macron, les avis sont mitigés

D’un côté, cette menace aux frontières de l’Europe est perçue comme l’occasion de creuser davantage l’idée qu’on ne s’improvise pas président. Que des crises internationales nécessitent une stature et un leadership que le chef de l’Etat endosse, de fait, plus aisément qu’un candidat en campagne.

De l’autre, s'expriment des craintes, précisément à cause de la présidence française de l’UE. "C’est là qu’on dit ou non chapeau l’artiste, explique un poids lourd, mais cette présidence l’expose plus qu’autre chose, parce que s’il se passe quoi que ce soit, c’est pour lui. Les gens vont se dire : c’est lui le chef de l’Europe." Donc ce qui arrive est de sa faute.

Un point met tout le monde d'accord : l'impact de la séquence sur la campagne présidentielle sera quasi nul. "L'Europe n’intéresse pas les Français", à en croire un directeur de campagne de droite. 

"Ce n’est pas là-dessus qu’on gagne ou perd une présidentielle."

Un conseiller de gauche

à franceinfo

"Les questions internationales, l’opinion publique s’en fout", renchérit un macroniste. Impact politique nul. Raison pour laquelle les candidats ne comptent pas trop en faire sur le sujet. "S'il y a des choses à dire, on les dira, explique-ton autour de Jean-Luc Mélenchon. Mais on ne va pas se lancer dans une campagne sur l'Ukraine."

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