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Mayotte, Nouvelle-Calédonie : ces dossiers ultramarins qui donnent des sueurs froides à l’exécutif

Emmanuel Macron suit de près les situations à Mayotte, où l'épidémie de Covid-19 prend un tour dramatique, et en Nouvelle-Calédonie, où les indépendantistes poussent leurs pions.

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Emmanuel Macron et son ministre de l\'Outre mer, Sébastien Lecornu, le 11 août 2020 au chateau de Bregançon.
Emmanuel Macron et son ministre de l'Outre mer, Sébastien Lecornu, le 11 août 2020 au chateau de Bregançon. (DANIEL COLE / AFP)

La situation est devenue préoccupante à Mayotte, ce département français à 8 000 kilomètres de Paris, dans l’océan Indien. Mayotte est en effet ravagée par le Covid-19 : dans certaines villes, le taux d’incidence frôle les 1 200 cas pour 100 000 habitants. C’est cinq fois plus que la moyenne en métropole. “Les réanimations sont pleines, me dit un conseiller ministériel, alors même que la population mahoraise est beaucoup plus jeune qu’en métropole.”

La première vague de l’épidémie n’avait pas eu d’impact significatif sur le système hospitalier. Mais ce qui a changé depuis, c’est la souche, le variant sud-africain, beaucoup plus contagieux. Le sujet mobilise évidemment le ministre des Outre-Mer, Sébastien Lecornu, mais aussi Emmanuel Macron, qui se fait briefer à chaque réunion.

Mayotte laisse à voir ce que peut donner l’arrivée de ce variant sud-africain en métropole”, tremble un conseiller. Sur place, les renforts militaires commencent à arriver, pour donner un coup de main sur l’aspect sanitaire, les vaccins notamment, mais aussi pour convoyer de l’aide alimentaire dans le département, parmi l'un des plus pauvres de France.

Un processus politique bloqué en Calédonie

À 17 000 kilomètres de Paris, la Nouvelle-Calédonie, qui n’est pas un département mais un territoire français à statut particulier, vient de voir son gouvernement chuter après le retrait des indépendantistes. Ces derniers souhaitent couper les ponts avec Paris. "Ce n’est pas un drame, mais c’est un symbole, explique-t-on à Paris. Ça veut dire que le processus politique est bloqué. Qu’on commence à se rapprocher d’une Nouvelle-Calédonie indépendante." Cela veut dire aussi que le dossier est directement suivi par Emmanuel Macron, puisqu’il en va de l’intégrité du territoire : “Ce sont les frontières de la France, sa place dans le monde.”

Mais pour convaincre les Calédoniens de l’utilité de rester dans le giron tricolore, l’Élysée a deux bottes secrètes. D’abord, les vaccins : l’archipel bénéficie de quotas négociés dans le cadre de la commande européenne, ce qui plaide pour le maintien du lien avec la France. Ensuite, il y a l’expérience du Brexit, dont Emmanuel Macron a retenu qu’un divorce réussi, c’est quand les termes du contrat sont clairs. Il a donc chargé son ministre Sébastien Lecornu de travailler sur un document, pour définir quelle peut être une relation future avec une Nouvelle-Calédonie indépendante.

Le document comportera des questions précises : sur la monnaie, le contrôle de la frontière, les relations avec le voisin chinois… Autant d'interrogations qui peuvent révéler des failles et des divergences d'appréciations au sein même du front indépendantiste. Et donc conduire à l’enlisement de la discussion.

Emmanuel Macron et son ministre de l\'Outre mer, Sébastien Lecornu, le 11 août 2020 au chateau de Bregançon.
Emmanuel Macron et son ministre de l'Outre mer, Sébastien Lecornu, le 11 août 2020 au chateau de Bregançon. (DANIEL COLE / AFP)