Législatives 2022 : les candidats de la majorité présidentielle plus aguerris qu'en 2017

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En vue des élections législatives, les candidats de la majorité présidentielle sont réunis mardi 10 mai pour une journée de formation (aux docks d’Aubervilliers, en Seine St Denis). Il y a cinq ans, certains de ces candidats incarnaient le renouveau de la politique ; aujourd’hui ce sont presque tous des professionnels.

Article rédigé par
Jean-Rémi Baudot - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le siège de La République en marche, à Paris le 5 février 2020 (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Emmanuel Macron avait, un jour, tenté de remobiliser ses troupes en leur disant : "Soyez fiers d’être amateurs". En ce début de second mandat, cette phrase n’aurait plus beaucoup de sens.

En 2017, sans majorité évidente derrière lui, Emmanuel Macron avait beaucoup puisé dans la société civile. Aujourd’hui, sur les 502 candidats déclarés sous l’étiquette de la majorité présidentielle, la moitié sont des députés sortants. Le reste est constitué de conseillers ministériels, de conseillers politiques et d'une grosse quinzaine de ministres. Critère principal : la loyauté au chef de l’État. Au total, il reste 75 circonscriptions à attribuer mais en l’état actuel des choses, seule une poignée de candidats n’ont jamais eu de mandat électif.

Des "pros" de la politique qui ont désormais aussi des bilans

Ce sera l’un des sujets pour eux dans cette campagne. Cinq ans au pouvoir, cinq ans de crises : les "gilets jaunes", le Covid-19, les prix qui grimpent… "En 2017, tout le monde pouvait gagner avec une photo de Macron sur son affiche. Là, c’est une autre histoire", appréhende un prétendant fraîchement investi. 

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Chaque candidat a sa stratégie. Le
 ministre de la Santé, Olivier Véran, par exemple : candidat à sa réélection dans l’Isère, il mise sur son ancrage à Grenoble. Son entourage espère que la gestion nationale du Covid ne pèsera pas trop sur ce scrutin local. Le ministre, ancien PS, pense même pouvoir récolter des soutiens de socialistes qui refusent l’accord avec les insoumis.

Autre exemple, dans le 19e arrondissement de Paris, bastion mélenchoniste, le candidat Yanis Bacha aimerait un peu faire oublier l’étiquette Macron. Handicapé, il aimerait être le premier député en fauteuil roulant. Il dit ainsi vouloir miser sur son parcours et sa personnalité.

L’organisation de la campagne s’est professionnalisée

Un accent important est mis sur la communication, pour qu’elle soit la plus harmonisée possible. Nous avons pu consulter un document interne : les candidats se voient offrir un kit de campagne de 2 450 euros, avec du conseil, de l’analyse des comportements électoraux, des éléments graphiques à personnaliser, des documents de propagande électorale…

Et pour les candidats les plus ambitieux, des options sont possibles : un site internet à la carte pour 1 200 euros, un graphiste pour personnaliser tous les documents pour 504 euros, etc. Ces frais sont très encadrés : un candidat aux législatives ne peut pas dépenser plus de 38 000 euros dans sa campagne.

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