Législatives 2022 : gros flottement autour d’Emmanuel Macron sur la question des consignes de vote

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Que faire en cas de duel RN - Nupes au second tour des législatives ? Il y a eu un gros flottement autour d’Emmanuel Macron sur la question des consignes de vote. Et la responsabilité en incombe au président lui-même.

Article rédigé par
Neïla Latrous - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Une affiche électorale de la majorité présidentielle à Auch (Gers), le 8 juin 2022, à l'occasion du premier tour des législatives. (JEAN-MARC BARRERE / HANS LUCAS / AFP)

Souvenez-vous dimanche soir, les premières prises de parole : "Pas une voix aux extrêmes". La Nupes et le RN renvoyés dos à dos par les ministres, dont la porte-parole Olivia Grégoire, et son prédécesseur Gabriel Attal, aujourd’hui au Budget.

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Quelques heures plus tard, changement de braquet. "Pas une voix au RN", répètent les mêmes, avant que la Première ministre tente une synthèse, lundi matin, en déplacement en Normandie : "Pas une voix au RN en général, mais pas d’appel à voter pour le candidat Nupes s’il ne respecte pas les valeurs républicaines".

"Pilotage flottant"

Autant de zigzags qui agacent en coulisses les plus proches du chef de l'Etat. "Il ne faut pas croire, explique l’un d’eux, que la première ligne n’était pas arbitrée." Elle l’a été par Emmanuel Macron lui-même au cours d’une réunion à l’Elysée.

Dans la foulée, Stanislas Guérini, ministre et délégué général d’En Marche, et Christophe Castaner, président sortant du groupe En Marche à l’Assemblée, briefent les porte-parole envoyés en plateau dimanche soir. Face au tollé suscité par ce "ni-ni" - ni RN, ni Nupes -, Emmanuel Macron fait rappeler ces porte-parole par ses conseillers. Avec la nouvelle consigne…

Certains reçoivent même le coup de fil alors qu’ils sont sur le point d’entrer en plateau ou en studio. Un pilotage "pour le moins flottant", grogne un porte-parole, révélateur de la désorganisation à l’Elysée depuis la présidentielle. Et depuis le départ d’un rouage clé : Clément Léonarduzzi, ancien conseiller spécial du chef de l’Etat, dont la capacité à anticiper des stratégies de communication est saluée en Macronie. "Même à 1h du matin, nous avions des réponses, et ça percutait. Là, plus rien", résume un fidèle de l’Elysée.

L'Elysée ne répond plus

Et des conseillers ministériels s’en plaignent. "Je ne sais plus qui appeler à l’Elysée, je n’ai plus d’interlocuteur”, glissait ainsi un communicant il y a une dizaine de jours. Certains continuent à solliciter les conseils de Leonarduzzi, de manière amicale, et non-officielle.

Il n’est pas le seul à être parti. Jonathan Guémas, rédacteur des discours, s’en va prochainement d’après le quotidien L’Opinion. Un tas de conseillers sont sur le départ ou ont déjà rejoint des cabinets ministériels. Ce qu’il y a derrière, ce n’est pas un sujet de ressources humaines ou de personnes.

Le cénacle qui gravite autour d’Emmanuel Macron évoque surtout la volonté de reprise en main du secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, qui n’a pas apprécié, ces derniers mois, de perdre de son pouvoir d’influence au profit des communicants.C’est aussi pour cela que les recherches pour remplacer Léonarduzzi traînent. Et ça donne lieu à des ratés, comme ce week-end.

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