Réforme des retraites : quelles marges de manœuvre pour le gouvernement ?

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La réforme des retraites verra-t-elle le jour avant la présidentielle ? Rien n’est moins sûr. Le Premier ministre Jean Castex termine vendredi 3 septembre une série d’entretiens avec les syndicats, et aucun ne veut en entendre parler

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Radio France
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Manifestation contre la réforme des retraites à Reims (Marne), le 24 janvier 2020.






































 (AURÉLIE JACQUAND / RADIO FRANCE)

La réforme des retraites est ressortie cet été dans l’ordre du jour présidentiel. Le 12 juillet, le président de la République, Emmanuel Macron avait réaffirmé sa volonté de l’engager "dès que les conditions sanitaires seraient réunies". Mais c’était sans compter avec la détermination des patrons des grandes centrales syndicales qui tous, les uns après les autres, reçus à Matignon depuis mercredi, ont confirmé qu'ils fermaient la porte à d’éventuelles discussions sur le sujet.

Chacun y est allé de son bon mot. "On ne va pas se mettre à discuter avec un gouvernement pour nourrir le programme d’un candidat à l'élection présidentielle, cela n’a pas de sens", a fait valoir le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger. "Si c’est pour discuter de l’allongement de l’âge de la retraite, on n’y sera pas", a tonné le patron de la CGT Philippe Martinez. Pour le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, "on ne peut pas aborder le sujet à la sauvette en quelques semaines". Arguments que l’on retrouve chez Force Ouvrière, la CFTC, chez les cadres et chez les entreprises de proximité.

Marges étroites

Malgré leur farouche opposition à la réforme, les syndicats ont reconnu la nécessité d’ouvrir des discussions sur l’emploi des seniors, les difficultés de recrutement et la pénibilité du travail. Est-ce une porte d’entrée ? À voir. Le gouvernement en est convaincu : si l'on veut redresser la compétitivité française et rééquilibrer notre balance commerciale, il faut développer l'activité, créer des emplois, il va falloir travailler plus et… plus longtemps.

Mais huit mois suffiront-ils pour créer un système universel de retraites, un régime unique harmonisant les 42 existants aujourd’hui et faisant en sorte que chaque euro cotisé donne les mêmes droits ? Convaincre et réformer sans brutalité, la voie apparaît décidément très étroite.

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