Pouvoir d'achat : après plusieurs mois de flambée des prix, le pic d’inflation est atteint en France selon la Banque de France

C’est la conviction du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, qui présentait mardi 18 juillet son rapport annuel sur l’épargne réglementée.
Article rédigé par Emmanuel Cugny
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 212 min
Un charoit au milieu de rayons dans un supermarché. (MOURAD ALLILI / MAXPPP)

Ce n’est pas la première fois que le gardien du temple monétaire évoque ce pic d’inflation. François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, le prédisait pour ce premier semestre et, à l’en croire, nous y sommes. L’inflation ne devrait pas monter plus loin que ce que nous venons de connaître.

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Concrètement, nous sommes montés jusqu’à +6% voire +7% pour l’indice des prix en général, ce qui reflétait de fortes disparités comme pour l’alimentaire où la flambée a atteint les deux chiffres. Au mois de juin, en global, nous sommes retombés à 4,5%, le plus bas niveau depuis le printemps 2022.

Qui dit baisse de l’inflation ne dit pas baisse des prix

L’inflation qui recule ne signifie pas automatiquement une baisse des prix pour le consommateur. En réalité, l’inflation ce n’est pas le prix des produits vendus, mais le rythme d’évolution de ces prix sur une période donnée. Généralement, on compare d’un semestre à l’autre ou d’une année à l’autre.

Un repli de l’inflation ne signifie pas une baisse directe des prix, mais plutôt un ralentissement de leur hausse. Ils continuent d’augmenter, mais moins vite. C’est ce que l’on appelle la désinflation. Ce qui n’a rien à voir avec la déflation qui, elle, correspond à une baisse durable des prix. Nous en sommes loin.

Pourquoi les prix continuent-ils d’augmenter ?

Les prix vont continuer d’augmenter pour plusieurs raisons : les tensions internationales restent très fortes et ont tendance à peser sur le moral des acteurs de l'économie ; et les banques centrales ne vont plus pouvoir utiliser très longtemps l’arme de la hausse des taux d’intérêt pour ralentir la machine. À terme, cela risque de peser sur la croissance. Mais le principal responsable de l'inflation générale reste - et va rester - l’énergie dont tous les secteurs ont besoin pour fonctionner.

La transition énergétique vers les renouvelables va demander (demande déjà) de très lourds investissements en amont. Des investissements qui se répercutent automatiquement sur les prix finaux. Bienvenue dans un monde de ressources rares et chères.

Donc le pic d’inflation est atteint ce qui ne va pas empêcher les prix de continuer d’augmenter – certes moins vite, mais il va falloir s’y habituer – avec toutes les conséquences de long terme que cela aura sur d’autres débats comme celui sur le niveau des salaires en France et en Europe.

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