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Le brief éco. Sécurité sociale : des comptes en trompe-l’œil ?

La Cour des comptes, dans son rapport annuel sur le budget de l’Assurance maladie publié mercredi, parle carrément de transferts "opaques" pour masquer la réalité des chiffres. 

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Vitrine de L\'Assurance maladie de Paris.
Vitrine de L'Assurance maladie de Paris. (FRED DUFOUR / AFP)

Les comptes de la Sécurité sociale seraient-ils enjolivés ? C’est ce que laisse entendre la Cour des comptes dans son rapport annuel sur le budget de l’Assurance maladie publié mercredi 20 septembre. La Cour parle carrément de transferts "opaques" pour masquer la réalité des chiffres. Le terme est fort.

C’est avéré : le déficit de la Sécurité sociale est à son plus bas depuis la crise de 2008. Mais avec un trou béant proche de huit milliards d’euros. Le déficit reste très élevé et la réduction est en réalité moins forte que celle affichée. Une minoration des déficits de la Sécu obtenue, selon les sages de la rue Cambon, grâce à des jeux de bascule financière en provenance d’autres branches. Exemple : depuis 2015, l’assurance maladie a reçu l’équivalent de 60 à 70 % des hausses de cotisations vieillesse (près de trois milliards d’euros réalloués au détriment du risque retraite). Pour ce qui est du déficit de la seule branche maladie – qui concentre les deux tiers du déficit global de la Sécu –, on est à 4,8 milliards d’euros et cela ne diminue plus par rapport à 2015. Le trou serait même plus important que celui affiché officiellement et tournerait plutôt autour de 5,5 milliards  d’euros.

Comment remédier aux artifices comptables  

Comme à son habitude, la Cour des comptes pointe une série de mesures et d’économies à réaliser. Prenons le cas des retraites. L’exemple prête à rire, ou plutôt à pleurer à l’heure où la population des retraités s’apprête à être mise à contribution dans le cadre des réformes (baisse de certaines pensions, hausse de la CSG, etc.). La Cour des comptes cite le cas de retraites versées à l’étranger à des assurés âgés jusqu’à… 117 ans ! En 2015, près de trois millions de retraites de base et complémentaires ont ainsi été versées en dehors de nos frontières (Algérie, Maroc, Portugal, Espagne, Italie) pour un total de six milliards et demi d’euros.

Détournement ou action légale ?  

Pour toucher la retraite à l’étranger, une personne doit envoyer une fois par an un certificat justifiant son existence. En clair : le papier peut être signé par une autre personne qui touchera les indemnités, et le tour est joué. A chacun de juger si on doit parler de scandale. Le fait est qu’Emmanuel Macron a trouvé là une nouvelle réforme à engager rapidement, et pas si compliquée. Cela s’appelle, tout simplement, un renforcement des contrôles.  

Vitrine de L\'Assurance maladie de Paris.
Vitrine de L'Assurance maladie de Paris. (FRED DUFOUR / AFP)