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Le brief éco. Quel avenir pour l'alliance Renault-Nissan ?

Une première réunion est prévue jeudi et vendredi à Amsterdam en Hollande pour évoquer l'alliance Renault-Nissan. Ce devrait être l’occasion pour Jean-Dominique Senard, patron de Renault, de rencontrer pour la première fois l’homme fort de Nisssan, Hiroto Saikawa.

Dominique Senard a été intronisé à la tête du constructeur automobile Renault, jeudi 24 janvier.
Dominique Senard a été intronisé à la tête du constructeur automobile Renault, jeudi 24 janvier. (ERIC PIERMONT / AFP)

Jeudi 31 janvier verra s'annoncer la première réunion entre Renault et de Nisssan depuis la démission de Carlos Ghosn la semaine dernière. Ce sera la toute première réunion de l’Alliance Renault Nissan, auquel il faut ajouter Mitsubishi depuis la nomination de Jean-Dominique Senard il y a pile une semaine, qui reste aussi à la tête de Michelin jusqu’au mois de mai, avec un salaire réduit, promet-il. Chez Renault, Jean-Dominique Senard est secondé par un directeur général, Thierry Bolloré, qui a assuré l’interim depuis la mi-novembre et l’incarcération du patron au Japon. Cette réunion à Amsterdam s'annonce importante, selon une source proche, car elle devrait être l’occasion pour Jean-Dominique Senard de rencontrer pour la première fois l’homme fort de Nisssan, Hiroto Saikawa, qui fait le déplacement spécialement.

L’objectif est de recréer du lien

Même si la période où Nissan et Renault se disputaient par médias interposés est désormais révolue, les tensions restent vives. L’interview de Carlos Ghosn publiée mercredi par le journal économique japonais Nikkei, sa première depuis son incarcération le 19 novembre n’arrange rien. Il parle de complot de la part de Nissan, de trahison, et pointe directement du doigt Hiroto Saikawa avec lequel, dit-il, il a parlé d’intégration plus poussée des constructeurs au mois de septembre. Une attaque à laquelle Nissan a d’ailleurs officiellement et immédiatement répondu que l’unique explication de l’arrestation de Carlos Ghosn était ses actions répréhensibles et rien d’autre. C'est peu dire que Jean-Dominique Senard arrive aux commandes de Renault dans une atmoshpère électrique... À cet égard, l'homme a d'ores et déjà annoncé que sa priorité serait de ramener de la "sérénité" au sein d’une alliance qu’il juge "essentielle".

Une alliance sereine qui fonctionne

Les chiffres de ventes de l’année 2018 pour Renault, Nissan et Mitsubishi ont été publiés mercredi. Et ensemble, les constructeurs français et japonais confortent leur première place pour la deuxième année consécutive avec 10,7 millions de voitures vendues à travers le monde. Sans compter les milliards d’euros d’économies réalisées chaque année en achats communs, en production, en recherche et développement, sachant que les investissements prévus sur la voiture autonome par exemple sont colossaux. Mais la structure de l’alliance évoluera forcément. Surtout qu’elle a révélé au grand jour ses failles et ses dysfonctionements. Mais qui la pilotera ? Jean-Dominique Senard ou Thierry Bolloré ? Ce n’est pas totalement clair et de toute façon pas à l’ordre du jour de la réunion croit savoir un porte-parole de Renault. La question de la gouvernance de l’alliance prendra sans doute un peu de temps à être réglée, tout comme celle de la place accordée à chaque constructeur automobile. En fait, c’est l’après Ghosn qui commence un peu plus tôt que prévu.

Dominique Senard a été intronisé à la tête du constructeur automobile Renault, jeudi 24 janvier.
Dominique Senard a été intronisé à la tête du constructeur automobile Renault, jeudi 24 janvier. (ERIC PIERMONT / AFP)