"Comment peut-on imaginer cela ?" : le patron de Nissan écarte la possibilité d'un "complot" visant Carlos Ghosn

Jeudi, Renault avait publié un communiqué évoquant "une campagne de déstabilisation délibérément orchestrée" à l'encontre de son patron.

Le directeur général de Nissan Hiroto Saikawa, le 17 décembre 2018 à Yokohama, au Japon.
Le directeur général de Nissan Hiroto Saikawa, le 17 décembre 2018 à Yokohama, au Japon. (TSUYOSHI YOSHIOKA / YOMIURI / AFP)

Les révélations au sujet de Carlos Ghosn, incarcéré au Japon, pourraient-elles être le fruit d'un complot pour l'écarter ? "C'est absurde", répond le directeur général de Nissan Hiroto Saikawa, évoquant des "faits graves", dans une interview aux Echos publiée lundi 14 janvier.

Jeudi, Renault avait publié un communiqué évoquant "une campagne de déstabilisation délibérément orchestrée" après des révélations sur le salaire d'une proche de Carlos Ghosn, la directrice déléguée à la présidence de l'entreprise Mouna Sepehri.

L'alliance entre les constructeurs pas menacée

"Comment peut-on imaginer cela ? C'est absurde et je ne peux pas comprendre que l'on puisse croire une seconde à un tel scénario !" a réagi au sujet de ces théories le responsable de Nissan. "Regardez les faits. Ils sont graves. J'ai été le premier choqué par ce que l'enquête a montré. Je peux vous dire que ce n'est pas facile à encaisser pour nous moralement, et que les conséquences de l'audit interne et des investigations pèsent sur toute l'organisation".

Ce que suggère l'enquête interne, c'est que nous avons affaire à des manipulations et à des dissimulations intentionnelles.Hiroto Saikawa, directeur général de Nissanaux Echos

Le PDG de Renault est soupçonné de fraude fiscale et d'abus de biens sociaux, des accusations pour lesquelles Nissan réclame "des sanctions fermes". Au quotidien qui lui demandait s'il était vraiment possible que personne n'ait été au courant de ces agissements au sein de son entreprise, Hiroto Saikawa a répondu : "je comprends que l'on puisse se poser cette question. Mais il faut comprendre que Carlos Ghosn avait, du fait de ce qu'il a accompli, un très grand crédit au sein du groupe. Il était très respecté et avait acquis de plus en plus de pouvoir".

Les tourments de Carlos Ghosn ne semblent en tout cas pas remettre en question l'alliance des deux constructeurs. "Je veux redire ici que je tiens plus que tout à l'Alliance avec Renault", assène-t-il aux Echos.