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Le brief éco. Entreprises privées : vers une annulation des dettes accumulées pendant la crise ?

L’État va-t-il permettre aux entreprises privées d’annuler leur dette, ou une partie, accumulée pendant la crise ? Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, évoque cette possibilité. Aucun dispositif n’est encore décidé mais il pourrait voir le jour dans quelques semaines

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Bercy, siège du ministère de l\'Economie et des Finances. Photo d\'illustration.
Bercy, siège du ministère de l'Economie et des Finances. Photo d'illustration. (GUY REGISTE / RADIO FRANCE)

L’idée serait d’annuler partiellement ou au moins étaler les dettes d’entreprises au cas par cas. Des dettes qui ne cessent de s’accumuler, soit avec les Prêts garantis par l’État, (PGE) mis en place depuis le début de la pandémie, ou les autres crédits que les entreprises n’arrivent pas à rembourser à cause de leur manque d’activité.

Aucun détail n'est connu pour l’instant pour annuler une dette d'entreprise mais deux pistes existent. Renforcer le rôle de ce que l’on appelle les Comités départementaux d’examen des problèmes de financement des entreprises (Codefi) qui aident à restructurer les dettes de sociétés en étalant les remboursements ou en obtenant de l’État une annulation de charge. L’autre piste est une transformation des dettes en fonds propres. Il s’agit de transformer de l’argent prêté en capital. Dans le cas des PGE  : les banques privées prêtent aux sociétés qui le demandent et si les entreprises ne peuvent rembourser, c’est l’État qui prend le relais. L’idée serait donc que l’État ne demande pas aux entreprises de rembourser, transformant cet argent en fonds propres pour renforcer leur capital et les solidifier.

Aléa moral

Par ce dispositif, l’État deviendrait en quelque sorte  actionnaire des entreprises en question. C'est ce que l’État vient de faire avec Air France. Mais l'envisager avec des entreprises privées est sensible car le système pourrait créer la zizanie entre concurrents et, surtout, créer des effets d'aubaines : certaines entreprises pourraient profiter de l'aide de l'État pour regarnir leur trésorerie ou anticiper la possibilité à terme d'annuler des créances. C'est ce que l'on appelle l'aléa moral. Très compliqué à mettre en place mais il est vrai que les sociétés françaises manquent énormément de fonds propres aujourd'hui et toutes mesures pour les renforcer seraient les bienvenues.

Bercy, siège du ministère de l\'Economie et des Finances. Photo d\'illustration.
Bercy, siège du ministère de l'Economie et des Finances. Photo d'illustration. (GUY REGISTE / RADIO FRANCE)