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L'incertitude liée à l'élection présidentielle américaine n'affole pas les bourses

Les bourses, fébriles lorsque pointe le désordre, n'ont pour l'instant pas réagi négativement à l'incertitude liée à la désignation du vainqueur de l'élection présidentielle américaine.

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Un homme marche devant la bourse de New York, le 4 novembre 2020.
Un homme marche devant la bourse de New York, le 4 novembre 2020. (KENA BETANCUR / AFP)

Au lendemain du vote, l’Amérique n’a toujours pas de président. Même si Joe Biden est très proche de la victoire, la désignation du vainqueur pourrait prendre du temps, une incertitude qui ne semble pas affoler les bourses. On a coutume de dire que les marchés financiers ont horreur de l’incertitude, pour l’instant ils sont plutôt sereins, comme si la nette avance de Joe Biden sur Donald Trump suffisait à les rassurer. Aussi, mercredi soir à New York, l'indice Nasdaq bondissait de près de 4%.

Une complaisance qui en étonne plus d’un, d’autant que la couleur politique du Congrès est aussi très incertaine : le Sénat et la Chambre des représentants, on le sait, sont cruciaux pour l’application du programme du futur président. Et si ce parlement est divisé, c’est tout le processus législatif qui est affecté.

Il ne faut pas que la situation s’éternise

Si la situation venait à s’éterniser, les investisseurs finiraient par perdre patience : une crise politique, surtout quand elle frappe les États-Unis, la première économie mondiale, n’est bonne pour personne. Elle empoisonne les prises de décisions, tant politiques qu’économiques et pèse sur le climat des affaires. Or on sait à quel point la confiance est cruciale en matière d’économie. C’est un peu la même chose qu’avec l’épidémie de coronavirus : comme on ne sait pas combien de temps elle va durer, l’absence de visibilité, fait qu’il est très dur pour les acteurs économiques de se positionner.

La relance de l’économie américaine, dans cette affaire, est en jeu. Comme tous les grands pays industrialisés, les États-Unis vont en effet connaître cette année une sévère récession, en raison de l’impact de la pandémie. La contraction du PIB américain pourrait être de 4,5% en 2020, selon le FMI, avant de se redresser l’année prochaine. Mais pour que ce redressement ait lieu, il faudrait que républicains et démocrates finissent par s’entendre sur un plan de soutien à l’économie, qu’ils négocient depuis des mois. Une vacance à la tête de l’État ne ferait qu’accentuer la crispation au Congrès et retarderait d’autant le rebond de l’économie.

Un homme marche devant la bourse de New York, le 4 novembre 2020.
Un homme marche devant la bourse de New York, le 4 novembre 2020. (KENA BETANCUR / AFP)