Énergie : la France va devoir réadapter toute sa filière d'ici 2035

Selon un nouveau rapport du Réseau de Transport d’Electricité (RTE), la France va devoir faire face à de nouveaux scénarios énergétiques d’ici 2035.
Article rédigé par France Info, Emmanuel Cugny
Radio France
Publié
Temps de lecture : 4 min
Centrale électrique à Cordemais, en Loire-Atlantique (FRANCK DUBRAY / MAXPPP)

Le Réseau de Transport d'Electricité (RTE) conclut dans un rapport que la France va devoir faire face à de nouveaux scénarios énergétiques d'ici 2035. Ce constat repose sur deux piliers : une augmentation très forte de nos besoins en électricité et les nombreuses incertitudes qui pèsent sur les capacités de production électrique de la France. Ce rapport, envoyé aux acteurs de la filière, est constitué d'un document de cadrage d’une centaine de pages, qui donne une idée des chantiers à ouvrir ou entretenir.

Cette nécessaire adaptation de notre production énergétique a plusieurs causes : la guerre en Ukraine et ses conséquences durables. La transition énergétique qui impose la décarbonation de nos économies (et donc de lourds investissements à venir.) L'attitude protectionniste de certains Etats qui, par définition, éloigne ou rend plus difficile la nécessaire mutualisation des moyens au niveau européen. Les gouvernements qui se succèderont d’ici 2035 devront intégrer tous ces éléments dans leur stratégie et leurs choix énergétiques, mais cela se prépare dès maintenant, d’où l’utilité de ce rapport de RTE qui doit être peaufiné d'ici l'été.

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Du potentiel, mais c'est insuffisant 

La France a un fort potentiel en matière de production d'énergie, visiblement insuffisant pour relever les contraintes qui s'annoncent. Des incertitudes pèsent sur la filière nucléaire qui a été notre force pour produire de l’électricité pas chère et non carbonée. Mais les choix de politique industrielle faits ces dix dernières années, et le contexte global, font que le système électrique français n’est plus exportateur, au contraire. L’année dernière, pour la première fois depuis 1980, nos importations d’électricité ont été supérieures aux exportations.

Ces incertitudes sont redoublées par le poids de la transition énergétique. RTE enregistre un nombre croissant de demandes de raccordement pour produire de l’hydrogène, construire de nouvelles usines géantes de batteries, sans parler des datacenters, les centres de stockage et de gestion des données informatiques, de plus en plus énergivores. Autant d’éléments qui imposent des choix et des virages stratégiques dans la décision publique, d’où la réflexion en amont nécessaire aujourd’hui.

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