Tempête Daniel : comment expliquer la violence des inondations en Libye ?

Cette tempête qui avait déjà causé des dégâts en Grèce et en Espagne a dévasté la Lybie. En passant au-dessus de la Méditerranée, elle s'est rechargée en humidité et en énergie.
Article rédigé par franceinfo ­
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Des habitants observent les dégâts causés par les inondations à Derna, dans l’est de la Libye, le 11 septembre 2023. (- / AFP)

Plus de 2000 morts et au moins 5 000 disparus, selon un bilan effectué mardi 12 septembre par le porte-parole du Service de secours et des urgences Libye. La tempête et les inondations qui ont dévasté le pays, ont entraîné l’effondrement de quartiers entiers dans la ville de Derna au Nord-Est.

>> Balayée par la tempête Daniel, la Lybie est à la recherche de milliers de disparus dans les inondations 

C'est cette même tempête Daniel, qui avait fait du surplace au-dessus de la Turquie et de la Grèce, et provoqué des inondations meurtrières dans cette zone. Elle n'a ensuite pas faibli et s'est décalée vers la Libye où elle a de nouveau déversé des pluies diluviennes. Pourquoi ? Parce qu'entre temps, elle s'est rechargée en humidité et en énergie, en passant très lentement au-dessus de la Méditerranée.

Le phénomène "medicane"

C’est donc le passage au-dessus de la Méditerranée qui l’a de nouveau rendue dangereuse car nous avons à faire en ce moment à une Méditerranée très chaude pour la saison. Avec cette chaleur, et l'évaporation qui y est liée, la tempête Daniel en passant au-dessus de la Méditerranée a pris les caractéristiques des cyclones tropicaux, c’est ce qu’on appelle un phénomène de "medicane", contraction en anglais de méditerranée et de hurricane qui signifie ouragan.
Des études d’attribution vont tenter, dans les semaines à venir, de décrypter dans quelle mesure ce phénomène extrême peut être attribué au dérèglement climatique dû aux émissions de gaz à effet de serre.

Des études antérieures ont déjà mis en lumière, qu’une Méditerranée, ou de façon générale des mers et océans plus chauds de trois ou quatre degrés, transforment des tempêtes classiques en phénomènes beaucoup plus dangereux. Parfois, jusqu'à 20% de pluies supplémentaires sont même constatées. Il va donc falloir s'adapter à ces nouveaux risques météorologiques extrêmes. Le bilan humain en Libye, très lourd, montre l’urgence qu’il y a à préparer les populations à ces menaces d'inondation notamment.

 Concernant la tempête Daniel, il n’y a plus de situation de blocage de masse d'air comme la semaine dernière, elle va donc arrêter de faire du surplace, et se charger et se décharger brutalement en humidité a certains endroit. La tempête Daniel devrait donc se décaler progressivement vers les côtes israéliennes, mais en perdant de la puissance.

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