Oui, dire des gros mots quand on se fait mal soulage la douleur

écouter (2min)

Une étude menée par des chercheurs britanniques et suédois est parue dans "Lingua", revue scientifique de linguistique. Elle fait le point sur ce qu'on sait du pouvoir des jurons... et qu'ils ont notamment un effet sur la douleur.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Une femme crie. (ULLSTEIN BILD / ULLSTEIN BILD via GETTYIMAGES)

En vous levant, quand vous vous êtes cognés le tibia contre le pied du lit et ensuite quand vous vous êtes brûlés les doigts en récupérant votre tartine dans le grille-pain, vous avez lâché des jurons. Les scientifiques en sont persuadés : ça vous a fait du bien. Car jurer provoque une hypoalgésie ou analgésie, c'est-à-dire soulage la douleur.

>> Endométriose : "J'ai mis en place des solutions pour mieux vivre au quotidien avec mes douleurs", explique Cindy, diagnostiquée après 17 ans d'errance médicale

Cette étude résume plusieurs expériences menées par le passé. Dans certaines d'entre elles, les scientifiques demandaient aux participants de garder les mains le plus longtemps possible dans un bain d'eau glacée. Certains avaient le droit de jurer, de lancer des insultes, pas les autres. Résultat : dans toutes les expériences, ceux qui ont gardé les mains le plus longtemps dans l'eau sont ceux qui ont juré. Et ce sont eux aussi qui ont dit avoir ressenti le moins la douleur.

Un "effet de distraction" universel

Les scientifiques l'ont constaté en anglais, puisque l'expérience a été menée dans des pays anglophones. Mais aussi en Japonais, car la même expérience a eu lieu au Japon. Conclusion des auteurs : le lien entre juron et réduction de la douleur est universel.

Les chercheurs émettent plusieurs hypothèses pour expliquer ce phénomène, la première serait "l'effet de distraction". Quand, après avoir visé avec votre marteau non pas le clou mais votre doigt, vous lâchez un juron, alors vous vous concentrez sur autre chose que la douleur, en quelque sorte vous l'oubliez. Pour autant, ce n'est pas l'hypothèse qui est retenue par les chercheurs de cette nouvelle étude britannique.

Ils doutent que l’effet de distraction soit suffisant, assez important pour atténuer la douleur. Selon eux, la cause la plus probable serait que le fait de lancer des jurons est lié à une "excitation émotionnelle". Elle active le système nerveux autonome, celui qui, en cas de danger imminent, prépare le corps à agir, à réagir. Il libère notamment de l'adrénaline dans le sang, il fait aussi augmenter votre fréquence cardiaque (phénomène d'ailleurs observé chez certains sujets en train de jurer). Les scientifiques n’ont pas encore entièrement compris les mécanismes en jeu. Mais pour eux, c’est dans cette "excitation émotionnelle" qu’il faut chercher l’explication de la réduction de la douleur.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.