Le billet vert, France info

Le billet vert. Des signaux sonores sur les filets de pêche pour préserver les dauphins

Un petit appareil, appelé pinger, est collé au filet et il envoie des sons désagréables pour le dauphin.

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Un dauphin échoué sur la plage de Plovan (Finistère), le 30 janvier 2020.
Un dauphin échoué sur la plage de Plovan (Finistère), le 30 janvier 2020. (FRED TANNEAU / AFP)
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Plus de 600 dauphins se sont échoués sur nos plages d’Atlantique depuis le début de l’année. Il n'y a pas de doute sur cette hécatombe pour les chercheurs : ils se prennent dans les filets des pêcheurs. Certains professionnels tentent donc de trouver des solutions.

Eric Guignyec, marin-pêcheur breton depuis près de 40 ans, ne veut plus voir de cadavres de dauphins quand il va à la plage avec ses petits-enfants. Il a donc été l'un des premiers à équiper ses bateaux d’avertisseurs sonores pour les faire fuir quand il pêche, en participant au programme de recherche Licado, mené avec l'Ifremer. Un petit appareil, appelé pinger, est collé au filet et il envoie des sons sous-marins désagréables pour le dauphin. Aujourd’hui, ce professionnel a convaincu 30 chalutiers français du golfe de Gascogne de faire pareil. Résultat : 65% de captures accidentelles de dauphins en moins pour ces bateaux.

Vers un nouveau record d'échouage

Pourtant, malgré ces tests menés depuis 2018, il y a encore plus d'échouages de dauphins sur la côte française selon l'institut Pélagis. Il faut dire qu'il ne s'agit pour l’instant que d'un test. Il faut encore trouver les bonnes fréquences, qui correspondent à la bonne espèce de dauphins et ce n’est pas simple. "Il y a dix ans ces pingers avaient déjà été testé en Manche. S’ils avaient bien fait fuir les marsouins, en revanche ils avaient attiré les phoques", explique Perrine Ducloy, chargée de mission sur le sujet au Comité national des pêches. En effet le stimulus sonore peut devenir synonyme de bon repas et tant pis pour le risque de rester dans un filet. Enfin, il n’y a pas que les chalutiers en cause, dans le golfe de Gascogne puisqu’il y a près de 400 bateaux qui pratiquent la pêche au filet maillant dérivant. C’est-à-dire qu’ils laissent un long filet de plusieurs kilomètres pendant des heures dans l’eau, et reviennent ensuite le chercher rempli des poissons qui s’y sont enchevêtrés. Un filet dans lequel s'emmêlent aussi les dauphins.

Des relations tendues entre pêcheurs et ONG

Les fileyeurs ne peuvent pas mettre de pingers de façon permanente. D’ailleurs les scientifiques ne le recommandent pas. Des sons envoyés sur une aussi grande zone, ce serait pire comme pollution pour l'ensemble du monde sous-marin. L’Ifremer et le comité des pêches veulent tester à partir de l’an prochain des réflecteurs : un système acoustique, lui aussi accroché au filet, qui n’émet pas de signal mais qui renvoie le son émis par le dauphin afin de lui faire comprendre qu’il a un filet devant lui et qu’il doit l’éviter. Mais peu de fileyeurs participent pour l’instant aux recherches. Quatre bateaux ont testé les pingers au moment de la mise à l'eau des filets et même s'ils n'ont pas capturé de dauphins pour l'instant, le test n'est pas assez partagé pour être concluant.

De plus les relations sont très tendues avec les ONG comme Sea Sheperd qui les suivent en mer pour révéler leurs pratiques et qui demandent la fin des techniques de pêche non sélectives. De leur côté, les pêcheurs français pointent du doigt les gros bateaux étrangers notamment espagnols ou néerlandais, qui pêchent également dans le golfe de Gascogne plus au large. La capture des dauphins sera justement à l’ordre du jour du prochain Conseil des ministres européens de la pêche.

Un dauphin échoué sur la plage de Plovan (Finistère), le 30 janvier 2020.
Un dauphin échoué sur la plage de Plovan (Finistère), le 30 janvier 2020. (FRED TANNEAU / AFP)