Incendies en France : comment la faune va se réadapter tant bien que mal

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Les feux qui ont détruit plus de 20 000 hectares de forêt à Landiras et à La Teste-de -Buch sont "fixés". L’urgence va laisser la place aux bilans, concernant la végétation, mais aussi la faune. Plusieurs centaines d'espèces ont été victimes des flammes.

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Feux de forêt entre Louchats et Saint-Symphorien (Gironde), le 18 juillet 2O22. (CLAUDE PETIT / MAXPPP)

Parmi les espèces victimes des flammes lors des incendies de forêt en France, on dénombre des espèces protégées : des chauves-souris, des tortues d’eau douce, de grand lézards ou un papillon caractéristique des zones humides, détaille Emilie Breugnot du service connaissances de l’office français de la biodiversité d’Aquitaine.

>> Incendies : qu'est-ce qu'un feu "fixé", "maîtrisé", "circonscrit" ou "noyé" ?

Certains reptiles ou insectes ont peut-être réussi à s’enfouir sous terre et les grands mammifères ou les oiseaux ont sans doute réussi à fuir. Malheureusement certains jeunes rapaces, qui n'avaient pas encore l'âge de quitter le nid ont sans doute péri. Et, au-delà des flammes, la faune est en général, aussi victime de la destruction de son habitat, de la pollution par les fumées, du problème des ressources alimentaires.

Comment aider les animaux ?

Pour autant, les associations environnementales demandent aux habitants de ne pas déposer de nourriture à proximité des zones brûlées, car cela pourrait sédentariser certaines espèces au mauvais endroit, ou créer des troubles alimentaires. Seules les petites coupelles d’eau éventuelles sont les bienvenues.

Pour reconstituer une forêt, il faut parfois 50 ans mais combien de temps faudra-t-il pour que la faune revienne ? Les espèces qui ont survécu peuvent recoloniser la zone rapidement. Certains observateurs ont par exemple déjà repéré des chants de grillons par exemple à proximité des zones brûlées, mais il faudra du temps pour retrouver un écosystème proche de celui qui existait. Une vingtaine d'années sans doute et dans l’intervalle, explique Mathieu Sannier, chargé de mission à la Ligue de protection des oiseaux d’Aquitaine à franceinfo. Il va y avoir une succession d'espèces pionnières qui vont s’adapter au milieu, et évoluer au fur et à mesure que la végétation reprend le dessus.

Des espèces plus résistantes que d'autres

Il y a aussi parfois des petits miracles de la nature qui se constatent parfois après les incendies. Après les mégafeux en Australie il y a deux ans, des chercheurs ont découvert à leur grand étonnement, qu’une espèce rare de marsupial, un petit mammifère à tête de musaraigne, avait finalement survécu aux flammes.

Autres effet inattendu, la revue Nature l’avait évoqué, ces mêmes incendies en Australie avaient indirectement fertilisé une zone de l'océan, par des retombées de cendres, permettant de créer une nappe de phytoplancton d’une surface équivalente à celle du Sahara. Des algues bienfaitrices qui avaient à l'époque absorbé une partie du carbone des fumées avant de disparaître en même temps que les panaches de fumée. En Gironde, les fumées ont été beaucoup moins importantes, mais des prélèvements sont également prévus pour surveiller l’impact de ces incendies sur l’océan à proximité.

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