Impact écologique des Jeux olympiques : Paris, bon ou mauvais élève ?

À 100 jours des Jeux olympiques de Paris 2024, l'ONG Carbon Market Watch vient de publier un rapport pour répondre à la question. Conclusion : efforts "convenables" mais "insuffisants".
Article rédigé par Guillaume Farriol
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
J-100 pour les Jeux olympiques de Paris, le 17 avril 2024 (photo d'illustration). (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Pour tenter de mesurer l’impact écologique du plus grand évènement sportif du monde, les Jeux olympiques de Paris, qui débuteront dans 100 jours, l'ONG Carbon Market Watch a rendu compte de ses études via un rapport. 

Commençons par le positif : d'abord pour la première fois, les organisateurs des Jeux de Paris se sont fixés un budget carbone, 1,5 million de tonnes d'équivalent CO2, soit deux fois moins que les émissions des JO de Rio et de Londres. Une bonne approche, selon Carbon Market Watch, car elle permet, tout au long de la préparation des JO, d'intégrer l'enjeu climatique. 
 
L'ONG salue en particulier les efforts faits sur la construction : 95% des infrastructures existent déjà ou seront réutilisables. Reste 5% de bâtiments neufs, dont le village olympique, écoresponsable grâce notamment au recours massif au bois. Autre bon point : la nourriture servie sur les sites olympiques sera constituée au maximum de produits français et une majorité de repas seront végétariens, bien moins polluants que la viande.

Le gros point noir : les transports

Ce n’est toutefois pas suffisant pour rendre les JO de Paris écologiques car le gros point noir reste les transports. 15 millions de spectateurs sont attendus dont plus de 10% venus de l’étranger ainsi que plus de 10 000 athlètes, leurs accompagnants et des journalistes du monde entier qui arrivent par avion. Les transports, à eux seul, représenteront 40% des émissions des Jeux de Paris, selon ce rapport. Comptez aussi 20% des émissions pour tous les achats non-alimentaires, équipements et goodies dont les fameuses "Phryges", les peluches-mascottes en grande partie sorties d'usines chinoises. Conclusion de l'ONG : des efforts "convenables" ont été faits mais ils restent "insuffisants".
 
Pour faire mieux, ce rapport propose une réforme radicale. Carbon market Watch milite pour des jeux décentralisés, avec des épreuves réparties à travers le monde et un accès réservé aux populations locales. Tous les quatre ans, chaque discipline irait évidemment dans des villes différentes, ce qui évite les voyages massifs de spectateurs et promet également, selon l'ONG, des Jeux ouverts à des pays aux capacités d'organisation plus modestes puisqu'ils n'auraient pas à gérer l'accueil de toutes les disciplines en même temps. 

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