Éruption volcanique aux Canaries : 6 000 personnes évacuées et des conséquences sur l’environnement

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L'éruption du Cumbre Vieja risque de durer plusieurs mois. Ce volcan était resté calme depuis un demi-siècle. Il n'a, pour l'instant, pas fait de victimes.

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le volcan Cumbre Vieja en éruption sur l'île de La Palma aux Canaries (Espagne). (AFP)

Après 50 ans de sommeil, le volcan Cumbre Vieja est entré en éruption depuis dimanche 19 septembre aux Canaries. Une telle éruption pourrait-elle avoir un impact sur le climat comme cela s’est déjà produit dans le passé ? Une éruption suivie d’une baisse durable des températures, cela s’est déjà produit, notamment en 1991, après l'éruption du volcan Pinatoubo aux Philippines. Les températures avaient alors baissé de 0,5°C  à 1°C sur une bonne partie de la région pendant plusieurs mois. Même chose avec l'éruption du volcan Tambora en 1815 en Indonésie. Là, les températures avaient baissé de 1C à 2°C sur toute la planète pendant deux ans.

Mais il ne peut pas se passer la même chose aux Canaries. La raison est simple, explique Cathy Clerbaux, directrice de recherche au CNRS : le panache de cendres qui s’échappe du volcan aux Canaries n’est pas projeté suffisamment haut dans l'atmosphère pour parvenir à modifier le climat.

Il faudrait que ce panache monte à une trentaine de kilomètres d’altitude au moins. Dans ce cas, les fumées peuvent faire durablement baisser les températures sur Terre, parce que la couche de particules reste bloquée très longtemps dans la stratosphère au même endroit. Ce nuage de particules peut voiler un peu la lumière du soleil pendant plusieurs mois, d'où la baisse des températures. Mais nous ne sommes pas dans cette situation aux Canaries. D’autant qu’en général ce phénomène concerne plutot les volcans très proches de l'équateur.

Un panache polluant

À court terme, il y a déjà le risque que ce panache de gaz et de cendres ne gêne le trafic aérien. On se souvient de la fameuse paralysie créée dans le ciel en 2010 par le fameux volcan islandais, l’Eyjafjallajökull.  C’est pour cela qu’en cas d’éruption, ces fumées volcaniques sont suivies quotidiennement par satellite, notamment en France par le Latmos, le laboratoire d’observation spatiale de l'atmosphère. Et ensuite, il y a le problème de la pollution de l’air. Les études montrent que ces éruptions entrainent une pollution persistante au dioxyde de soufre et aux particules fines, pollution qu’il faut surveiller évidemment dans les zones habitées.

Il existe un millier de volcans actifs sur Terre et une cinquantaine entrent en éruption chaque année. C’est une situation stable. En Europe, l'Etna et les volcans islandais sont ceux qui font le plus parler d’eux. Il y a d’ailleurs en ce moment une éruption en cours près de Reykjavik, elle dure depuis plus de six mois, c’est un record depuis 50 ans.

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