Environnement : la recherche se mobilise pour enrayer la disparition des coraux

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14% du corail mondial a disparu a disparu en moins de dix ans, selon une étude menée par un réseau de 300 chercheurs à travers le monde.

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Du corail mort, au large de Key Largo, en Floride, le 23 septembre 2021. (CHANDAN KHANNA / AFP)

C’est un chiffre inquiétant sur la santé de nos océans : 14% du corail mondial a disparu entre 2009 et 2018, soit 11 700 km² de coraux en moins sur la totalité du globe. Aucune région n’est épargnée et en quantité, c’est comme si tous les coraux des Caraïbes et de la mer Rouge avaient disparu. Or les coraux abritent un quart de la faune et la flore marines.

Le réchauffement climatique premier responsable

Le responsable numéro un est le réchauffement climatique : quand la température de l’eau monte, le corail ne reconnaît plus, du coup, les zooxanthelles, les micro-algues, avec lesquelles il vit normalement en symbiose. Autant d’algues qui lui donnent toutes ses couleurs et qui lui apportent 90% de ses nutriments : le corail se met alors à blanchir et peut alors finir par mourir. Comme si, en somme, il mourait de faim.

Comme il existe 1 200 espèces différentes de coraux, plusieurs équipes dans le monde travaillent à l'identification des coraux les plus résistants. Des chercheurs suisses ont par exemple mis au point un outil de calcul pour repérer les familles génétiques de coraux qui supportent mieux que les autres le réchauffement des eaux. D'autres chercheurs entraînent les coraux à être moins stressés par la montée des températures, en les forçant progressivement en aquarium à s’habituer a des eaux plus chaudes. Ils espèrent ainsi créer une mémoire adaptative chez de nouvelles générations. Il y a aussi des expériences pour aider les espèces de coraux plus résistantes à se reproduire en aquarium, avant de tenter de les implanter dans des zones sinistrées.

Certains coraux mâles et des femelles relâchent des gamètes dans l’eau à un moment précis de l’année, donnant naissance à des œufs puis des larves qui se posent au fond de l’eau pour former des coraux. Le corail peut aussi se reproduire par bouturage dans des conditions d'acidité et de température bien précises.

Limiter les dégâts

Mais ces coups de pouces de la recherche permettront simplement de limiter les dégâts durant 30 ou 50 ans, explique Serge Planes, directeur de recherche au CNRS. Mais cela ne suffira pas. L’urgence est évidemment de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre (selon le rapport du Giec sur les océans en 2019, 70% à 90% du corail pourrait disparaître si la température augmente de 1,5°C.). Dans ce contexte, il est aussi urgent de protéger les coraux de certaines activités humaines néfastes : la surpêche et certaines pollutions, dues aux eaux usées dans les zones touristiques notamment.

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