Environnement : Elisabeth Borne, une Première ministre pour la première fois en charge de la planification écologique

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Elisabeth Borne devrait être entourée de deux copilotes. D’un part : un ministre de la Planification énergétique et un ministre de la Transition dans les territoires.

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
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Elisabeth Borne, nommée Première ministre, à Matignon, le 16 mai 2022. (CHRISTIAN HARTMANN / AFP)

C'est une premiere. Elisabeth Borne, la nouvelle Première ministre, aura donc aussi en charge la planification écologique, conformément à l’annonce faite par Emmanuel Macron dans l’entre-deux-tours à Marseille. À quoi pourrait ressembler ce système de planification ? C’est une toute nouvelle organisation qui se profile.

Fini l’action écologique concentrée dans un seul ministère. Ce qui se dessine c’est un pilotage à trois. Aux commandes, Elisabeth Borne à Matignon, qui devrait être entourée de deux copilotes. D’une part un ministre de la Planification énergétique pour les dossiers de sobriété, renouvelable et nucléaire. Et d’autre part, un ministre de la Transition dans les territoires, qui suivrait plus particulièrement les transports, la rénovation thermique, la qualité de l’eau et de l’air, et l'alimentation.

Cette nouvelle organisation devrait faire enfin en sorte que l’action écologique soit plus transversale et qu’elle fasse moins les frais de la concurrence entre plusieurs ministères. Car réduire les émissions de gaz à effet de serre impose souvent de réunir plusieurs secteurs. Par exemple : déployer la filière des véhicules électriques, poser la question de l’emploi chez les fabricants de moteurs thermiques,​ poser aussi la question des aides pour les ménages qui doivent changer de voiture, ainsi que celle du déploiement des bornes de recharge, de la filière des batteries…Difficile de concevoir une politique de transition pertinente, sans coordonner le travail de plusieurs ministères. D'autant que la première année du quinquennat, sera celle du vote (d’ici le 1er juillet 2023) d’une nouvelle loi de programmation énergie-climat, avec des objectifs de réduction des émissions de carbone pour 2030, et donc des mesures de politique énergétique, agricole, de rénovation des logements ou d'adaptation des transports. Autant de dossiers qui réclament un pilotage interministériel et qui devraient donc à l'avenir transiter par Matignon.

Elisabeth Borne a conscience de l'urgence climatique

Dans quelles conditions cette planification peut-elle vraiment fonctionner ? Selon Marine Braud, auteure chez Terra Nova, qui a travaillé avec Elisabeth Borne, le choix de la nouvelle Première ministre est déjà encourageant car elle est convaincue de l’urgence climatique, et connaît très bien les rouages de l’État.

Mais, selon cette consultante, il lui faudrait une équipe dédiée. Par exemple un secrétariat à la planification écologique, pour assurer le suivi des politiques en temps réel, vérifier que l’on ne sort pas par des trajectoires fixées et le cas échéant convoquer des réunions interministérielles. Le succès dépendra aussi de la personnalité des deux ministres qui accompagneront Elisabeth Borne dans cette planification écologique.

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