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Covid-19 : les tests salivaires, une méthode de dépistage moins désagréable mais soumise à conditions

La Haute Autorité de santé vient d'autoriser ces tests par prélèvements salivaires pour repérer les personnes asymptomatiques dans les écoles et les Ehpad. Les échantillons sont analysés avec une machine PCR, ce qui ne permet pas un résultat plus rapide qu'avec un prélèvement nasal.

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Une jeune femme réalise un test salivaire EasyCov du laboratoire Firalis à Huningue (Haut-Rhin), en décembre 2020.
Une jeune femme réalise un test salivaire EasyCov du laboratoire Firalis à Huningue (Haut-Rhin), en décembre 2020. (VINCENT VOEGTLIN / MAXPPP)

Les tests salivaires pour le dépistage du Covid-19 étaient jusqu'ici réservés aux personnes avec des symptômes pour qui l'écouvillon dans le nez n'est pas facile à accepter, comme des personnes handicapées ou des enfants. Mais tous ceux qui ont droit à des tests réguliers, ou que le grand coton tige dans le nez effraie, l'attendaient avec impatience. La Haute Autorité de santé vient de leur donner en partie gain de cause en autorisant ce type de dépistage dans les écoles et les Ehpad.

Pour réaliser un test salivaire, il suffit de cracher dans un tube à essai. Ensuite, il faut vite le donner au laboratoire d’analyse, dans les cinq heures. Ne pas le mettre au frigo, pour éviter de faire disparaître ces petites particules, et faire son prélèvement au moins 30 minutes après avoir fumé, mangé ou s’être brossé les dents pour éviter de les cacher derrière d’autres particules présentes de la bouche. 

Un test salivaire avec machine PCR

Ce n’est pas un test rapide qui vous donne le résultat dans la demi-heure. Il faut attendre 24h-48h, délai nécessaire pour placer l'échantillon dans une machine PCR dans un laboratoire. Celle-ci va reproduire le virus pour qu’il apparaisse en plus grande quantité dans le prélèvement, comme on le fait avec le test dans le nez.

La salive est un fluide corporel très complexe à analyser, elle contient plus de 1 000 protéines. Les médecins lui font peu confiance en général. On fait des analyses d’urine, de sang mais rarement de salive. De plus, le coronavirus est un virus respiratoire, il vient par les aérosols et entre d’abord par le nez. C’est donc là qu’on le voit en premier avant que vous n’ayez des symptômes. Pourtant, des tests salivaires de dépistage de drogue mais aussi de maladies comme le VIH ont déjà été mis au point. Leurs concepteurs sont persuadés qu’ils seront très utiles dans cette épidémie notamment parce qu’ils ont la capacité de repérer l’ARN, c’est-à-dire l’information génétique, de nombreux virus.

Les scientifiques divisés sur la fiabilité


Les tests salivaires et rapides commencent à être utilisés aux États-Unis, l’agence du médicament a autorisé en urgence en janvier un auto test salivaire rapide et des universités américaines et britanniques les utilisent aussi pour tester régulièrement les étudiants en internat pour limiter la propagation du nombre de cas.

Les autorités européennes ont demandé aux fabricants d’augmenter leur niveau de fiabilité afin de réduire le nombre de faux négatifs. Cependant, certains scientifiques estiment qu’ils sont un outil supplémentaire pour repérer des personnes asymptomatiques qui ne seraient pas allées se faire tester de toute façon. D’autres craignent qu’ils donnent un faux sentiment de sécurité aux utilisateurs qui s'affranchiraient des gestes barrières. Le test salivaire avec PCR est donc un bon compromis entre ces deux injonctions.

Une jeune femme réalise un test salivaire EasyCov du laboratoire Firalis à Huningue (Haut-Rhin), en décembre 2020.
Une jeune femme réalise un test salivaire EasyCov du laboratoire Firalis à Huningue (Haut-Rhin), en décembre 2020. (VINCENT VOEGTLIN / MAXPPP)