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Covid-19 : des chercheurs français travaillent sur un vaccin en spray nasal

L'objectif est de bloquer la propagation du virus directement au niveau du nez et de la gorge. Les premiers résultats chez les animaux sont encourageants. 

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Fanny Boursin : manipulation en laboratoire de culture cellulaire de l’équipe BioMAP Inrae / Université de Tours
Fanny Boursin : manipulation en laboratoire de culture cellulaire de l’équipe BioMAP Inrae / Université de Tours (BIOMAP INRAE / UNIVERSITE DE TOURS)

Il faut imaginer une seringue sans aiguille mais avec un embout adapté, qui permet de vaporiser le vaccin dans le nez. Des scientifiques de l’université de Tours et de l’INRAE (Institut de recherche pour l'agriculture et l'environnement) ont testé ce spray sur des souris et des hamsters, des animaux qui ont des symptômes de Covid très proches des nôtres. Les résultats précliniques qui n’ont pas encore été publiés, montrent que le vaccin d’une part, réduit les formes graves de covid, mais surtout, qu’il stoppe les contaminations.
C’est d’ailleurs son principal intérêt par rapport aux vaccins que l’on injecte dans le bras. En bloquant, la propagation du virus directement au niveau du nez et de la gorge, ce vaccin à base de protéines du virus permet en effet d'éviter de diffuser le virus autour de soi par aérosol, tout en provoquant la fabrication d’anticorps capables d’agir dans tout l’organisme. Les chercheurs sont aussi confiants sur l'éfficacité de ce spray contre les variants.

Un défi scientifique

Au total 8 équipes dans le monde travaillent sur cette piste du vaccin nasal. Il y a également un vaccin développé avec l’institut pasteur. Le principal défi, c’est de permettre au contenu du vaccin de traverser la muqueuse du nez pour se diffuser dans l’organisme. Dans le cas de l’INRAE, l'équipe utilise des nanoparticules à base d’amidon pour transporter les molécules .
Il y a quelques mois, des chercheurs d’Oxford ont été confrontés à de trop fortes réactions inflammatoires dans le nez avec leur candidat vaccin. C’est donc encore loin d'être gagné. L'équipe française de Tours et de l’INRAE cherche 15 millions d’euros pour mener les essais avec un objectif de commercialisation en 2023.

Déjà utilisé contre la grippe

Ce vaccin serait un vaccin de rappel qui permettrait de booster l’immunité tout en limitant les contaminations, même si d’ici là on a laissé tomber le masque. Le spray nasal est déjà utilisé pour vacciner certains singes contre la toxoplasmose, une infection due à un parasite. Chez l’homme, le spray nasal contre la grippe existe déjà, il est utilisé aux États-Unis, en Russie et en Grande-Bretagne.

Fanny Boursin : manipulation en laboratoire de culture cellulaire de l’équipe BioMAP Inrae / Université de Tours
Fanny Boursin : manipulation en laboratoire de culture cellulaire de l’équipe BioMAP Inrae / Université de Tours (BIOMAP INRAE / UNIVERSITE DE TOURS)