Biodiversité : la population de poissons migrateurs en chute libre

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La Fédération nationale de la pêche en France lance un appel pour sauver les poissons migrateurs.

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Un saumon dans un cours d'eau. (BSIP / UNIVERSAL IMAGES GROUP EDITORIAL via GETTYIMAGES)

La population des poissons migrateurs – saumons, esturgeons ou anguilles –  a chuté de 93% en Europe depuis les années 1970. Un effondrement d’autant plus frappant que ces poissons sont normalement très doués pour la survie.
Capables de parcourir plusieurs milliers de kilomètres entre les océans et les rivières pour se reproduire, ils sont dotés d'un système de navigation magnétique  pour se repérer et peuvent avancer à des vitesse allant jusqu'à 80 km/h. Ils sont capables de survivre en eau douce et en eau salée. Ces performances sont hors normes et pourtant, ils dépérissent. L'esturgeon, l'anguille et la grande alose figurent même parmi les espèces en danger critique d'extinction, au même titre que les ours polaires, les pandas roux ou les tigres.

Ce n’est plus la principale menace, explique Eric Feunteun, professeur en écologie marine au Muséum d’histoire naturelle, car beaucoup d'efforts ont été faits depuis dix ans. Aujourd’hui, le problème vient plutôt de l’augmentation des températures et de la pollution des rivières par les pesticides, les médicaments, les métaux. Il y a aussi la question des barrages, qu’il s’agisse d’une petite retenue d’un mètre de haut ou d’une installation hydro électrique. On compte en France un barrage tous les 5 km, autant d'obstacles que les poissons doivent à tout prix franchir quand ils remontent les cours d’eau pour se reproduire car quand ils n’y arrivent pas, ils s'épuisent ou se font avaler par des prédateurs.

Aider les poissons migrateurs à se reproduire

Il existe des passes à poisson, qui permettent justement de contourner ces barrages mais ça ne fonctionne pas à 100%. Car malheuresuement tous les poissons ne trouvent pas l'entrée de cet itinéraire bis pour les protéger. Selon une étude menée sur la Vienne, un poisson sur trois seulement parvient à utiliser ces passes et le problème c’est ensuite le retour vers l’aval avec le passage des turbines dans l’autre sens, qui entraîne 10 à 30% de mortalité.

Il est possible d’aider ces poissons migrateurs à se reproduire en milieu protégé, puis de les relâcher ensuite. C'est une solution pour tenter de pérenniser les espèces, mais une fois réintroduites dans le milieu naturel se pose la question de leur survie à long terme. C’est donc bien sur la protection globale des rivières qu'il faut désormais agir.

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