Covid-19 : une alternative à la bise à la française, le "hug" à l’américaine

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Fiorenza Gracci, journaliste au magazine "Epsiloon" détaille aujourd'hui les résultats d'une étude scientifique consacrée au "hug" des Américains, c’est-à-dire l’accolade, plus hygiénique en ces temps de Covid...

Article rédigé par
Fiorenza Gracci - franceinfo
Radio France
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Illustration d'un hug à l'américaine avec l'artiste australienne Rebecca Underhill retrouvant son père à l'aéroport de Brisbane en Australie, le 13 décembre 2021.  (JONO SEARLE / EPA / AAP)

Le billet sciences du weekend s'intéresse aujourd'hui à une étude réalisée par des psychologues de l'Université de Londres sur les bienfaits de l'accolade, à condition qu'elle dure plus de cinq secondes... Les précisions de Fiorenza Gracci, journaliste du nouveau magazine scientifique Epsiloon.   

franceinfo : Cest une alternative à la bise à la française : le "hug" américain, plus approprié en ces temps de Covid, mais encore faut-il savoir comment sy prendre. Une étude menée par une équipe anglaise nous donne le mode demploi…    

Fiorenza Gracci : Oui, alors tout d’abord, la durée : il faut savoir qu’un bon "hug" dure au moins 5 secondes. C’est le premier enseignement de cette étude scientifique, qui a été réalisée par des psychologues de l’Université de Londres. 
 
L’expérience a eu lieu en labo, avec une cinquantaine de participants qui avaient les yeux bandés. Une chercheuse les a enlacés pendant trois durées différentes. Et les cobayes devaient donner des notes à ces "hugs" et dire comment ils se sentaient après. 

Or, c’est à partir de 5 secondes que l’accolade est jugée agréable. D'ailleurs, vous pouvez la prolonger jusqu’à 10 secondes : elle le restera tout autant, d’après cette étude. En revanche, si l’échange est trop fugace, il a un effet frustrant : en-dessous de trois secondes, on n’a pas le temps de participer, on perd la sensation de contrôle. Et ça n’a plus rien d’affectueux.   

Alors, expérience de laboratoire, mais quest-ce que ça donne dans la vraie vie ?    

Eh bien, l’expérience a ensuite été reproduite dans des conditions réelles, sur un campus universitaire où les psychologues ont demandé à 200 personnes de se faire un "hug". Et les résultats sont les mêmes. C’est comme ça que ces chercheuses ont tiré un autre enseignement, qui concerne cette fois la posture.

Spontanément, pour se prendre dans les bras, la majorité des participants se prenaient bras-dessus, bras-dessous, une posture qu’ils décrivaient comme plus égalitaire. Surtout les hommes, qui étaient 82% à de donner l’accolade comme cela. 

L’autre posture possible, celle où un partenaire entoure de ses deux bras la taille de l’autre, est forcément plus intime. Donc à réserver aux personnes de votre choix.   

Étude très instructive en ces temps de Covid …    

Alors, il faut savoir que cette étude a été menée avant l’arrivée du virus, son but n’était pas de donner des consignes sanitaires. Mais c’est vrai qu’en ces jours de fêtes et de retrouvailles, mieux vaut montrer son affection à ses proches en les serrant dans ses bras, plutôt que de coller un baiser sur la joue… La preuve qu’on peut être chaleureux sans partager sa salive.      

Source : Acta Psychologica (novembre 2021)

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