Qui était l'Abbé Saunière, curé de Rennes-Le Château, au mystérieux trésor jamais retrouvé ?

Chaque semaine, cet été, Philippe Gloaguen, directeur du "Guide du Routard", nous fait découvrir sa France secrète. Les histoires cachées ou mystérieuses des personnalités étonnantes qui ont marqué un lieu, ou transformé un paysage. Aujourd'hui, cinquième épisode dans l'Aude, à Rennes-le-Château avec l'histoire édifiante de l'Abbé Saunière.
Article rédigé par franceinfo - Philippe Gloaguen
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Vue de la tour Magdala à Rennes-le-Château. Ce village abriterait toujours le trésor de l'Abbé Saunière. En 1999, il était dit que le trésor n'était plus à Rennes, mais dans une île de la Baltique où, jadis, l'avaient emporté les Templiers, sentant leur mort prochaine... (NICOLAS TUCAT / MAXPPP)

En 1885, l’Abbé Saunière est nommé curé de Rennes-le-Château, un minuscule village de l’Aude, dans le sud de la France. Tout mignon et bien paisible, Rennes fait l’objet d’un nombre impressionnant de légendes et de fantasmes autour de trésors enterrés ici.

Très vite, et sans aucune fortune particulière, notre brave curé entreprend la restauration somptuaire de son église. Les sommes englouties sont tellement considérables qu’elles intriguent sa hiérarchie jusqu’au Vatican. Soupçonné de violations de sépultures, de trafics de messe, Saunière ne plaisait pas à tout le monde. Il prit d’ailleurs une décision fort choquante pour bien des paroissiens en embauchant comme gouvernante, une charmante jeune fille de 18 ans, Marie Denarnaud. Eh oui, les bonnes de curé ne sont pas toutes de vieilles édentées, habillées en noir.

Il échappa cependant à toute poursuite. Et pourtant, il dépense sans compter, achète des terrains autour du presbytère, et fait même construire une tour néogothique, une somptueuse maison, la villa Béthania, un parc avec fontaine, et même un jardin d’hiver, sans oublier l’orangerie. On peut être un serviteur de Dieu et aimer son confort.

À la mort de l'Abbé Saunière, le mystère concernant cette fortune reste entier

Quand il s’éteint en 1917, personne ne sut l’origine de ses richesses. L’évêque faillit avaler sa tiare, quand il apprit qu’il avait légué tous ses biens à sa charmante gouvernante. Bon, leur relation était, il faut l’avouer, très ambiguë, et peu conforme aux usages chrétiens de l’époque.

En tout cas, toutes ces interrogations inspirèrent beaucoup d’écrits d’historiens, plus ou moins sérieux.
D’ailleurs, en 2004, Dan Brown, que rien n’effraie, en rajouta une couche dans son ineffable Dan Vinci Code. L’Abbé Saunière est devenu ainsi une star mondiale.

Pendant des années, des visiteurs cherchent le magot

Bien sûr, un tas de gens, un peu allumés, ont organisé des chasses au trésor. On évoqua un magot laissé par les Wisigoths, quand ils furent chassés par Clovis. On ne peut s’empêcher de penser aussi à un trésor cathare. Après tout, on est dans leur région. On parle même d’un fils caché du roi Dagobert II, qui serait caché dans la région avec toutes ses pièces d’or et ses SICAV. Le gamin aurait même fait souche, en créant une lignée cachée de descendants mérovingiens. Il s’en est passé des événements bien cocasses, dans nos provinces reculées.

Pour trouver le magot, des visiteurs indélicats n’hésitèrent pas à utiliser la dynamite. Cette frénésie folle persista des dizaines d’années. L’appétit outrancier des chercheurs de trésors est sans limite, à tel point que le maire du village dut interdire toutes fouilles souterraines, dans les années 60.

La brave servante a rejoint bien tard son compagnon à soutane, en s’éteignant en 1953. Toujours discrète et effacée, elle oublia de révéler l’origine de cette fortune, qui était certainement un miracle divin. Eh oui, pour l’instant, seul dieu est au courant. On attend d’ailleurs sa pige dans le magazine Historia. Le Château dans l'Aude ou le mystère de l'Abbé fait toujours fantasmer beaucoup de monde. 

 

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