Plan Industrie Verte : "Nous sommes convaincus" que l’on peut réindustrialiser la France, il faut "accélérer", dit Anne Guérin de Bpifrance

Pour la directrice exécutive de la banque publique d’investissement, l’idée de ce plan est de pousser l’industrie partout dans les territoires, pour favoriser l’emploi et préserver la souveraineté de certains secteurs.
Article rédigé par France Info - Vincent Touraine
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 7 min
Anne Guérin, Directrice du Financement et du Réseau BPI France (FRANCEINFO/RADIOFRANCE)

Décarboner l’économie en verdissant notre industrie, c’est le nouveau pari du gouvernement, et cela passe par son projet de loi Industrie Verte, présenté cette semaine en Conseil des ministres. Le texte sera examiné dès le mois prochain par le Parlement. Son coût en crédits d’impôt : quelque 500 millions d’euros par an.

Pour Anne Guérin, ce plan est "sans précédent en termes de profondeur", puisqu’il traite à la fois d’aspects réglementaires, de mise à disposition de friches industrielles, de formation, et de financements au travers de subventions et de prêts. La France, peut-elle pour autant se réindustrialiser comme l’espère le gouvernement ?"Bpifrance en est convaincu", répond sa directrice exécutive, car depuis 2017, "les chiffres se sont un peu inversés". Elle souligne que la France "créée maintenant de façon nette de nouveaux objets industriels tous les ans et il faut accélérer."

Pas de protectionnisme 

Alors que certains voient dans ce plan Industrie Verte une réponse au protectionnisme de l’"Inflation Reduction Act" américain, Bpifrance réfute l’idée et rappelle que "40 % de ses investissements sont consacrés chaque année à l’industrie", ajoutant que "la France continuera à importer et exporter".

Outre les 500 millions de crédits d’impôt par an, le projet du gouvernement prévoit 2,3 milliards d’euros de prêts et de subventions confiées à Bpifrance. Des prêts longs, sur 10 à 12 ans, aux taux du marché, et "sans garantie" sur les biens des entreprises ou ceux de leurs dirigeants, précise Anne Guérin.

Prochaine étape pour Bpifrance, lancer un "porte-à-porte de masse" auprès de 20 000 PME-PMI ces cinq prochaines années, initiative qui commence dès aujourd’hui. "C’est l’entreprise de 50 salariés en Ardèche que l’on va aller voir !" lance la directrice exécutive de la banque publique d’investissement.

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