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Polémique Jean-Marie Le Pen : un "moment de vérité" pour le FN ?

Tous les invités politiques ce lundi matin ont été interrogés sur les propos de Jean-Marie Le Pen. "On fera une fournée", a dit le président d’honneur du Front national en parlant de Patrick Bruel. Il s’en encore justifié ce lundi matin.

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(Olivier Bost © RF)

Jean-Marie Le Pen a répondu à sa fille qui a qualifié de fautes politiques ses propos. "La faute politique, c’est ceux qui s’alignent sur la pensée unique qui la commettent ", a-t-il dit ce matin sur RMC. Le vice-président du FN, Florian Philippot, lui a répondu quelques minutes plus tard sur RTL.

"Il n’y a pas de pensée unique au Front national, nous la combattons chaque jour, en revanche nous pouvons émettre une analyse critique sur l’emploi de telle ou telle expression. L’accusation d’antisémitisme qui a été faite à Jean-Marie Le Pen est une manipulation politique, n’a pas de consistance. On n’a pas de leçon de morale à recevoir de ces gens-là, qui croulent sous le fric, et qui viennent expliquer aux Français, qui sont dans la misère et qui souffrent, qu’il faut continuer à voter pour les mêmes et ne pas mettre au pouvoir les patriotes. Je crois que ces Français en ont un peu marre de ces donneurs de leçons. "

La polémique continue

Sur le reste de l’échiquier politique les condamnations sont unanimes et vont même jusqu’au cynisme. Le sénateur UMP, Roger Karoutchi sur LCI.

"Si j’étais simplement calculateur je dirai, mon Dieu faîtes que Jean-Marie Le Pen subsiste, tellement il affaiblira et sera une charge pour Marine Le Pen en 2017. Il aura toujours la petite phrase qui dérape, la formule qui empêchera Marine Le Pen d’être respectable et présentable. "

Au gouvernement, Thierry Mandon, le secrétaire d’Etat en charge de la réforme de l’Etat et de la simplification, appelle sur BFMTV Marine Le Pen a exclure son père de son parti.

"C’est le moment de vérité pour le Front national. On ne peut pas garder comme président d’honneur, quelqu’un qui est l’incarnation du déshonneur. Soit il est viré de son poste, soit il ne l’est pas et c’est un aveu. L’aveu que derrière la façade avenante qu’essaient de construire Mme Le Pen, M. Aliot, M. Philippot, il y a une réalité qui est la plus implacable et la plus sinistre que les Français doivent connaître. "

Même demande de Rama Yade, la vice-présidente du Parti radical, sur RFI.

"Si Marine Le Pen condamne réellement les propos de son père, cela devrait entraîner l’exclusion du parti de Jean-Marie Le Pen. Je crois avoir vu, entendu, des candidats Front national être exclu du FN à la suite de propos de ce genre. Une simple condamnation verbale ne suffit pas. "

Le retour de Nicolas Sarkozy

Roger Karoutchi estime que Nicolas Sarkozy doit dire très vite s’il compte se présenter à la présidence de l’UMP.

"Qui que soit le président de l’UMP avant la primaire, il va avoir un poids, une aura. Si  Nicolas Sarkozy n’est pas dans le jeu pendant 18 mois cela me paraît compliqué. Je ne veux pas lui faire pression, mais c’est avant l’été, tout simplement parce que nous avons des statuts et que l’ensemble des parrainages d’une candidature doit être déposé fin août début septembre. "

(Olivier Bost © RF)