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L'UMP peut-elle mourir ?

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Alain Juppé co-fondateur de l'UMP et désormais co-président par intérim du parti a tiré la sonnette d’alarme. Pour le Maire de Bordeaux, l'UMP est en "danger politique et financier".
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Radio France
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 (Yannick Falt du service politique de France Info © RF)

Sous la menace d'une liquidation pure et simple à en croire Jérôme Chartier, fidèle lieutenant de François Fillon, l'ancien Premier ministre qui assure également l'intérim à la tête du parti

 

"L’UMP est dans une situation plus que difficile. La situation de la trésorerie est exsangue, l’UMP n’a plus d’argent pour boucler ses fins de mois, un audit a été lancé pour connaître la vérité sur les comptes de l’UMP et il est fort possible que l’UMP soit en cessation de paiement. L’audit le dira et dans ce cas là il faudra prendre ses responsabilités, ce qui peut aller jusqu’à la mise en liquidation de l’UMP. "

 

"La gauche peut mourir " a dit Manuel Valls il y a 10 jours. L'UMP aussi ? La question est donc posée. Non répond de son côté Jean-Pierre Raffarin, le 3e ancien Premier ministre qui partage l'intérim à la tête du parti, sur RTL. Grâce à l'envie d'alternance dans le pays dit le sénateur de la Vienne, mais à condition d'arrêter les luttes intestines prévient-il.

 

"On n’est pas loin, surtout quand je vois l’esprit de règlement de comptes qui parfois s’installe à l’UMP. Donc, je tire la sonnette d’alarme. Aujourd’hui, il n’y a pas assez de volonté commune, il y a trop de rivalité personnelle, d’ambition des uns et des autres qui courent pour leur propre parcours et pas pour le collectif et tout ceci peut en effet conduire à l’éclatement de l’UMP. "

Un nom revient toujours, celui de Nicolas Sarkozy

L'ancien président dont le retour annoncé ne fait pas que des heureux. Jean-Pierre Raffarin dit déceler "un anti-sarkozysme nouveau" alors Xavier Bertrand a jusque-là été le plus virulent contre l'ancien chef de l'Etat. Mais il y a aussi des réponses gênées qui parlent d'elles mêmes. Celle par exemple de Valérie Pecresse, autre ex-Ministre de Nicolas Sarkozy, sur France Info.

 

"C’est son choix, c’est à lui de dire s’il veut revenir. Ce que je souhaite aujourd’hui c’est que nous retrouvions le chemin de l’unité et de la probité. J’attends d’abord que la justice face la clarté sur l’affaire. "

 Le ciel est donc toujours très orageux sur l'UMP, notamment depuis l'arrivée d'un nouveau nuage ce week-end. Un prêt de trois millions d'euros accordé au parti par le groupe UMP à l'Assemblée. Christian Jacob, le président du groupe va s'expliquer ce matin lors de la traditionnelle réunion du mardi. Explications attendues notamment par le député filloniste Eric Ciotti, invité de France Inter.

 

"Je crois que sur le fond ce prêt n’est pas illégal et Christian Jacob m’a donné des explications, il m’a dit qu’il y avait un taux d’intérêt à ce prêt et il fournira sans doute d’autres explications ce matin. Je ne jetterai pas la pierre à Christian Jacob et je crois qu’il a été victime d’un système et un peu l’instrument de Jean-François Copé. "

 

L'ombre de Jean-François Copé continue donc de planer sur l'UMP. Celle de son ancien directeur de cabinet Jérôme Lavrilleux aussi. L'UMP se prononce ce soir sur son éventuelle exclusion du parti. 

 

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