Victime d’un chantage à la sextape, la chanteuse nigériane Tiwa Savage refuse de céder et ouvre le débat sur ce fléau

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La star de l’afrobeat a révélé dans une émission de radio qu'un maître chanteur lui réclame un importante somme d’argent contre la non-diffusion d’une vidéo intime d’elle. Un chantage que la chanteuse refuse : "Personne ne me fera chanter pour avoir fait quelque chose de naturel."

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Radio France
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La chanteuse Tiwa Savage le 9 février 2017 à Los Angeles (États-Unis). (RANDY SHROPSHIRE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

À l’heure où plus rien n’échappe aux caméras des smartphones et aux réseaux sociaux, les chantages à la sextape sont devenus un vrai fléau. Ces vidéos ou photos intimes se retrouvent entre les mains de maître chanteurs qui les utilisent pour extorquer de l’argent, très souvent à des femmes et à leur famille, en jouant sur leur honte. C’est ce qui est arrivé à Tiwa Savage, 41 ans, chanteuse multi-récompensée, star de l’afrobeat au Nigeria et bien au-delà, dans toute l’Afrique de l’Ouest, aux États-Unis et en Europe où elle a travaillé entre autre avec George Michael, Mary J. Blige ou encore David Guetta.

Depuis quatre jours, elle est au cœur des conversations sur les réseaux sociaux parce qu’elle a annoncé qu’elle ne paierait pas celui qui la menace de publier une vidéo intime d’elle. Elle l’a dit dans une émission sur la radio Power 105.1 : "Personne ne me fera chanter pour avoir fait quelque chose de naturel, lance la chanteuse. Je suis tellement dingue que je serai capable de mettre cette vidéo en ligne moi-même mais j’assume, personne n’a à faire d’argent là-dessus."

Tiwa Savage est déterminée mais elle explique aussi que comme n’importe quelle victime, elle s’est effondrée en apprenant que quelqu’un avait mis la main sur cette vidéo. C’est son manager qui a reçu la demande d’argent. "Mais c’est hors de question, répond la chanteuse, parce que je vais payer et puis qu’est-ce qu’il va se passer ? Dans deux mois, dans deux ans, ça va recommencer, la menace sera toujours là ! Donc j’ai décidé de maitriser moi-même le récit de cette histoire, et d’en parler parce que je n’ai pas honte." Alors elle raconte que cette vidéo, c’est son compagnon qui l’a tournée, pour lui, pour eux, que ce qu’elle contient est personnel, et que c’est une erreur d’envoi de son compagnon sur le réseau Snapchat qui l’a fait tomber entre de mauvaises mains.

La faute des harceleurs, pas de la personne harcelée

Sur Twitter, des centaines d’internautes l’applaudissent. Mais d’autres tentent de la culpabiliser et affirment qu’elle n’aurait jamais dû faire cette vidéo. Sauf que non, ça n’est pas la faute de la vidéo, c’est la faute du harceleur et pas de la personne harcelée. C’est ce que rappelle Tiwa Savage en refusant de céder. De quoi bousculer les maîtres chanteurs, mais aussi porter la voix des victimes. Celles souvent jeunes, moins célèbres, plus vulnérables, qui vont parfois jusqu’à mettre fin à leurs jours par désespoir. Tiwa Savage leur dit que la honte doit changer de camp, et pas seulement au Nigeria.

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