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Une étude britannique démontre que l’actualité a bel et bien un effet sur notre moral (et qu’il peut être positif)

Les travaux de Kathryn Buchanan, chercheuse à l’université d’Essex en Angleterre, démontrent notamment que la diffusion de reportages sur la générosité, l’altruisme ou l’héroïsme ordinaire renforce la confiance et aide à lutter contre la dépression.
Article rédigé par Marion Lagardère
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Un homme lit un journal. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Kathryn Buchanan, docteur en psychologie et chercheuse à l’université d’Essex en Angleterre, a voulu mesurer l’effet des "mauvaises nouvelles", des informations, au sens de ce qui est diffusé par les médias, sur notre psyché, sur le moral d’un auditoire. Elle a voulu vérifier une intuition qui veut que, face à une information négative, triste, voire atroce, crime, faits divers, guerre, attentats, on reste scotché, on ne zappe pas, on cherche même parfois à avoir plus de détails, quitte à en payer le prix mentalement, c’est-à-dire ressortir de là complètement déprimé

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Une étude américaine avait déjà démontré que passer trop de temps à regarder des infos négatives sur le fil d’actualité des réseaux sociaux alimentait nettement les tendances dépressives. Kathryn Buchanan a voulu mesurer l’inverse : l’effet des infos positives. Elle a donc réuni un panel de 1800 volontaires, qu’elle a divisé en deux groupes. Au premier, elle n’a fait regarder que des nouvelles dites "mauvaises" : reportages sur l’attentat de Manchester, la maltraitance animale ou des agressions entre adolescents. Et au deuxième groupe, elle a fait voir la même chose, mais entrecoupé d’autres reportages, sur des vétérinaires qui soignent gratuitement les chiens des sans-abris, ou des influenceurs qui aident des ados en proie à la dépression. 

L’information génère des émotions

Tous les participants ont rempli un questionnaire pour cerner leur état d’esprit, avant et après chaque séance. Et le résultat obtenu s’est révélé sas appel : "Le groupe auquel on a présenté un panaché d’informations négatives et positives est ressorti en bien meilleur état psychologique que le groupe qui n’a vu que des informations dures et violentes. Non seulement leur moral n’a pas baissé, écrit Kathryn Buchanan dans un résumé de publié par The Conversation, mais les participants disent avoir une vision plus positive de l’humanité que celle qu’ils avaient avant de participer à l’étude.

Ses résultats viennent d’être publiés dans la revue scientifique Plos One, elle insiste sur le fait qu’il faut désormais faire une recherche plus poussée, sur des mois de visionnage et non des jours, mais ce que tout cela nous dit, c’est que l’information n’est jamais sans effet, elle génère des émotions, créé une ambiance dans la société et dans les rapports humains. Méfiance ou confiance, peur ou espoir, repli ou générosité. Ça ne veut pas dire que nous ne devrions regarder l’actualité qu’avec des lunettes roses, ça veut juste dire que l’on peut choisir ce que l’on met en lumière.

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