Sohail, le bébé afghan tendu par son père à un soldat américain lors de la chute de Kaboul, a retrouvé sa famille

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La photo avait fait le tour du monde, celle d’un père donnant son enfant à un soldat par-dessus le mur d’enceinte de l’aéroport de la capitale afghane. Un enfant disparu dans le chaos de l’aéroport et que sa famille, depuis aux États-Unis, vient de retrouver, sain et sauf.

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Radio France
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Un militaire américain attrape un bébé lors de l'évacuation de l'aéroport de Kaboul (Afghanistan), le 19 août 2021. (- / COURTESY OF OMAR HAIDIRI via AFP)

C’était le 19 août 2021, alors que l’armée américaine quittait l’Afghanistan dans le chaos total à l’aéroport de Kaboul : pour éviter le drame lors d’un mouvement de foule, un père de famille a soulevé son bébé de deux mois au-dessus du mur d’enceinte et l’a tendu à un soldat. La scène a été retransmise partout, et ce bébé est devenu un symbole, celui du désespoir face à la menace talibane.

Qu’est-il arrivé ensuite ? Personne ne s’est posé la question, jusqu’à ce qu’en novembre, les journalistes de l’agence Reuters remontent le fil. Ils découvrent que, quelques heures après son geste, le père Mirza Ali Ahmadi, a réussi à entrer dans l’aéroport avec sa femme et ses enfants, et qu’il a cherché frénétiquement son fils, Sohail, au milieu de la cohue, en vain.

Officier de sécurité à l’ambassade américaine, il faisait partie des rares Afghans à pouvoir être évacué, mais les soldats lui font comprendre que le vol va partir, qu’il faut embarquer. Alors à contrecœur, sa femme hurlant de douleur, la famille monte dans l’avion et décolle sans le dernier-né. 

À l’arrivée, au Texas, dans la base militaire où ils résident encore aujourd’hui, ils ont lancé des appels sur les réseaux sociaux, contacté toutes leurs connaissances sur place. Mais c’est finalement l’enquête de Reuters qui permet de localiser l’enfant, sain et sauf, chez un chauffeur de taxi de 29 ans, Hamid Safi, qui explique l’avoir trouvé seul, assis par terre dans l’aéroport en train de pleurer. Lui aussi a cherché les parents, sans succès, alors il a emmené le bébé chez lui, et avec sa femme ils ont décidé de l’élever avec leurs enfants, comme un fils.

L'espoir de retrouver ses parents réfugiés aux États-Unis

En apprenant la nouvelle, la famille, coincée aux États-Unis, a envoyé le grand-père chercher l’enfant, mais le chauffeur de taxi a refusé de le lui remettre, il aura fallu des semaines de pourparlers pour le convaincre de se séparer de son protégé.

Cinq mois plus tard, pour la deuxième fois de sa vie, Sohail avec sa bouille ronde et ses grands yeux noirs, a donc de nouveau fait la une mais cette fois-ci dans les bras de son grand-père et de sa tante, à Kaboul, avant peut être, bientôt, de retrouver ceux de sa mère et son père, qui espèrent pouvoir le rapatrier dans les semaines qui viennent.

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