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Samantha Davies, navigatrice victime d’une avarie sur le Vendée Globe, qui a pris sa retraite avant finalement de changer d’avis

Le 2 décembre dernier, en pleine nuit dans l’océan Atlantique son bateau a été lourdement endommagé par un objet flottant, l’obligeant à toucher terre pour le réparer. Sous le choc, Sam Davies a d’abord décidé de prendre sa retraite, d’arrêter la voile, avant de "revenir à la raison" et choisir de repartir, pour dépasser sa peur.

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La navigatrice Samantha Davies participe au Vendée Globe.
La navigatrice Samantha Davies participe au Vendée Globe. (RODGER BOSCH / AFP)

La Britannique Samantha Davies, 46 ans, était engagée sur le Vendée Globe depuis le 8 novembre. Mais, il y a dix jours, elle a percuté un Ofni, un objet flottant non identifié. Le mot a l’air cocasse, mais sa réalité, en pleine mer, sous la seule lumière de la lune, la nuit, dans la houle, est une frayeur sans pareille. Le mercredi 2 décembre, l’objet heurte violemment la coque, près de la quille, le bateau est endommagé, devient incontrôlable, et Sam Davies se retrouve bringuebalée dans son monocoque, contusionnée, blessée aux côtes. Choquée, apeurée, elle réalise qu’elle ne peut pas réparer, qu’elle est seule dans l’Atlantique sud.

Commence alors une autre tempête, crânienne, existentielle. "Dans ma tête, c’était mort, dit-elle à l’AFP, j’arrêtais la voile, j'avais pris ma retraite, je me voyais déjà habillée avec ma petite robe pour aller chercher mon fils de 9 ans, Ruben, à l'école et faire à manger tous les jours de ma vie… Et puis, passé 24 heures, passé ce sas de décompression où j’avais besoin de me dire 'j’arrête, je prends ma retraite', eh bien j’ai changé d’avis, je suis revenue à la raison."

Samantha Davies parvient à stabiliser son bateau et le conduire jusqu’au Cap en Afrique du Sud. Objectif : le réparer, se réparer et repartir, hors course mais repartir. Parce qu’il y a le projet Initiatives-Cœur, la raison même de son engagement sur ce Vendée Globe : récolter de l’argent pour aider les enfants souffrants de malformations cardiaques.  "Avec ça, finir hors course, ça a du sens, dit-elle, Initiatives-Cœur est un projet solidaire. Et c’est ça qui me donne la force et l’énergie de repartir."

À terre, elle retrouve des amis, puis des marins proposent spontanément leur aide, une chaîne de solidarité se met en place, et, pan après pan, le bateau est remis en état. Dans le monocoque, chacun appose sa signature en souvenir sur la pièce qu’il a réparée. Hier est venu le moment de lever l’ancre. "Je peux le faire, confiait-elle à l’AFP, même si je sais que je vais flipper les premières nuits, que la première semaine va être difficile... Je vais de nouveau me retrouver totalement seule. Et j'ai encore deux-tiers du parcours à faire, mais j’irai lentement." Lentement, sûrement, avec humilité mais en tenant bon, pour son projet, pour les enfants, pour dépasser sa peur aussi, et finir enfin, affranchie des chronos, la grande traversée.

La navigatrice Samantha Davies participe au Vendée Globe.
La navigatrice Samantha Davies participe au Vendée Globe. (RODGER BOSCH / AFP)