Le fossile de Big John, le plus grand triceratops découvert à ce jour, est mis aux enchères à Paris

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Découvert en 2014 dans le Dakota du Sud aux Etats-Unis, il affiche des proportions hors du commun, avec un crâne 5 à 10% plus large que les autres spécimens. Il est estimé entre 1,2 et 15 millions d’euros, mais l’enchère finale pourrait nettement dépasser ces chiffres.

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"Big John", le triceratops vendu aux enchéres le jeudi 21 octobre 2021 à l'hôtel Drouot à Paris. (MAXPPP)

La vente a lieu jeudi 21 octobre, à 15h, à l’hôtel Drouot à Paris, la bête s’appelle Big John. Et il s’agit du plus grand triceratops découvert à ce jour. Il mesure 8 mètres de long, trois de haut, pour 650 kilos d’os et deux cornes de plus d’un mètre. Une grande entaille sur sa collerette témoigne de la violence des combats qu’il a dû affronter contre ses semblables, mais d’après les paléontologues qui ont pu l’étudier avant la vente, ce n’est pas cela qui l’a tué, mais les conditions climatiques de l’époque. Big John est mort il y a à peu près 66 millions d’années, et son squelette a été sorti de terre dans le Dakota du Sud (Etats-Unis) en 2014 : un total de 200 os, et notamment le crâne 5 à 10% plus large que les autres triceratops connus.

Des enchères qui exaspèrent les paléontologues

La maison d’enchères Drouot l’estime entre 1,2 et 1,5 million d’euros, et en attend beaucoup plus évidemment. Par comparaison, en 1997, le T-Rex Sue était parti pour 8,4 millions de dollars ; l’an passé Stan a atteint 31 ,8 millions de dollars ; et tous les ans, de riches acheteurs font monter les prix pour s’approprier ces morceaux d’histoire que sont les fossiles de dinosaures, témoins d’un passé inconnu des humains et preuves de l’inéluctable finitude de l’existence.

Les fossiles de dinosaure sont devenus des objets d’art comme les autres, bons pour la spéculation. Et cela exaspère les paléontologues et conservateurs de musées qui disent leur fatigue à l’idée de voir encore un spécimen échapper aux yeux du public. 

Car, comme d’autres, Big John finira sans doute chez un particulier. "Ce qui est triste, confie le paléontologue Francis Duranton à l’AFP, c’est qu’on ne peut pas rivaliser, ces prix représentent 20 à 25 ans de budget d’acquisition". La seule option possible pour les musées, reste donc celle des dons, ou de prêts de fossiles de la part d’anonymes ou d’entreprises. Encore faut-il convaincre qu’un squelette d’être vivant n’est pas un objet comme les autres, qu’il fait partie de notre patrimoine naturel et que sa place est donc dans un musée.

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