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Ester Manas, créatrice de mode, prône la taille unique et fait bouger la Fashion Week de Paris

Invitée pour la première fois à présenter sa collection à la Fashion Week de Paris, Ester Manas, 27 ans, propose des robes en taille unique, pouvant habiller toutes les femmes, qu’elles fassent du 34 ou du 50. Une révolution dans le monde standardisé de la mode.

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Ester Manas (à gauche) et Balthazar Delepierre (à droite), le 27 février 2020 à Paris.
Ester Manas (à gauche) et Balthazar Delepierre (à droite), le 27 février 2020 à Paris. (BERTRAND RINDOFF PETROFF / GETTY IMAGES)

La Fashion Week, la semaine de la mode, a commencé à Paris, avec son très élitiste calendrier de défilés. Et, parmi les signatures invitées cette année, on trouve Ester Manas. C’est à la fois le nom de la marque et celui de sa créatrice, une toulousaine de 27 ans qui, au milieu des mastodontes que sont Dior, Chanel ou encore Louis Vuitton, va défendre un concept inédit : proposer des vêtements – robes, manteaux, petits hauts – en taille unique, pouvant habiller toutes les femmes, indifféremment, quelle que soit leur taille, qu’elles fassent du 34 ou du 50.

La prouesse est rendue possible grâce à des jeux de boutons, de rubans à faire coulisser et surtout de fronces, ces petites pliures du tissus qui permettent d’ajuster élégamment le vêtement. Et ça marche. Les modèles sont systématiquement présentés portés par une mannequin en 34 et une autre en 44, et c’est assez bluffant.

Mon ambition, c’est de sortir de la standardisation des corps, proposer des pièces qui bougent avec la femme et l’accompagnent toute sa vie.

Ester Manas, créatrice de mode

Fashion United

L’idée lui est venue après une énième frustration personnelle : Ester Manas mesure 1,60 mètre et porte du 44, un gabarit qui d’après les standards réducteurs du prêt-à-porter n’existe pas. Pendant ses études en école d’art à Bruxelles, elle s’est donc mise à imaginer des vêtements extensibles, qui s’adaptent à toutes les morphologies, simples et chics à la fois. Avec l’aide de Balthazar Delepierre, rencontré à l’école La Cambre, elle dessine, confectionne ses premières robes, habille ses premières clientes, et ouvre un atelier à Bruxelles. C’était en 2017.

En 2018, le duo remporte le design award d’H&M, puis le prix Galeries Lafayette. En février 2020, il est sélectionné au concours Louis Vuitton, avant de défiler, ce samedi, à la Fashion Week de Paris. Ce sera la première fois, d’ailleurs, qu’une robe portée en taille 50 y sera présentée.

Une consécration pour Ester Manas : "Mon ambition, dit-elle, c’est de sortir de la standardisation des corps, de proposer des pièces qui bougent avec la femme et l’accompagnent toute sa vie." Sa démarche est globale : des vêtements qui tiennent dans le temps, adaptables, écolos, produits localement avec des tissus délaissés par les maisons de couture, et sociaux puisque les couturières sont des femmes en réinsertion. Ça fait beaucoup et pourtant, ça existe. Comme quoi rien n’est impossible : même sur les podiums, on peut mettre du fond et sublimer la forme.

Ester Manas (à gauche) et Balthazar Delepierre (à droite), le 27 février 2020 à Paris.
Ester Manas (à gauche) et Balthazar Delepierre (à droite), le 27 février 2020 à Paris. (BERTRAND RINDOFF PETROFF / GETTY IMAGES)