Daniel Guzman, le trentenaire qui a bouclé un parcours du combattant avec son père José-Luis pour défier la maladie

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Ce week-end à Verbier (Suisse), le fils et le père ont complété en trois heures une Spartan Race, sorte de parcours du combattant de cinq kilomètres dans la pluie et la boue, Daniel poussant entre les obstacles son père José-Luis, assis dans son fauteuil roulant.

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Radio France
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Daniel Guzman et son père José-Luis ont participé à une Spartan Race à Verbier (Suisse) sur le compte Twitter de @lemanbleutv (CAPTURE D'ÉCRAN)

Ça parait complètement fou, mais c’était l’objectif visé par Daniel Guzman : parcourir les cinq kilomètres d’une course d’obstacles en poussant son père, José-Luis, assis dans son fauteuil roulant, pour défier la fatalité, traverser une aventure ensemble, entre père et fils. José-Luis est atteint d’une maladie génétique orpheline, sans que les médecins sachent vraiment comment la traiter. Sur toute sa vie, il a survécu à douze AVC, des accidents vasculaires cérébraux qui lui ont fait perdre une très grande partie de sa motricité. "C’est une maladie neurodégénérative, explique son fils Daniel au journal suisse Le Matin, cela veut dire que ça ne peut qu’empirer. Alors je me suis dit que le temps passait, et qu’il fallait que je partage quelque chose de fort avec mon père, dès maintenant, et on s’est dit pourquoi pas une Spartan Race."

Les Spartan Race, ce sont des parcours du combattants, avec des obstacles tous plus épuisants les uns que les autres. Dans celui que Daniel et José Luis ont bouclé il y a trois jours à Verbier, il fallait ramper sous des treillis de fils à trente centimètres du sol, escalader des murs, monter des cordes sans nœud, ou encore avancer au-dessus du vide en se suspendant à des anneaux. Des obstacles que Daniel Guzman n’a pas fait passer à son père mais a franchi deux fois, une première pour lui, une seconde pour José-Luis, tout en poussant entre chaque épreuve le fauteuil spécialement fabriqué pour la course, aidé par quelques amis. Verbier, c’est un village de montagne à 1 500 mètres dans les Alpes Suisses, le dénivelé de la course était donc énorme, sans compter la pluie et la boue. Mais à la fin, après trois heures d’effort, Daniel a soutenu son père pour lui faire franchir la ligne d’arrivée, debout, hors de son fauteuil.

Preuve que l’on est bien au-delà d’un banal défi testostéroné, José-Luis est tombé dans les bras de son fils en pleurant, bouleversé par l’émotion, lui qui avait confié avant le départ qu’il ne pensait pas passer la ligne d’arrivée. "Certes c’était un pari fou, confie Daniel Guzman, je ne sais pas si d’autres personnes seront aussi têtes brûlées que moi pour faire ça, mais ce que je peux dire c’est que le temps passe vite, et qu’il faut profiter des gens qu’on aime, alors n’attendez pas, créez-vous des souvenirs ensemble, créez-vous de l’émotion maintenant, parce que c’est ça qui restera."

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