COP27 en Egypte : une quinzaine de prix Nobel demandent la libération du militant pro-démocratie Alaa Abdel Fattah, "l’icône de la révolution de 2011"

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Surnommé "l’icône de la révolution de 2011", cela fait près d’une décennie qu’il est enfermé. Une situation que vivent des centaines d’autres défenseurs des droits humains, emprisonnés par le régime égyptien, et que dénoncent 15 prix Nobels dans une lettre ouverte.

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 Le blogueur Alaa Abdel Fattah lors d'une interview au Caire (Egypte), le 17 mai 2019. (KHALED DESOUKI / AFP)

La COP27, la conférence climat va réunir tous les dirigeants de la planète à Sharm-el-Sheikh en Egypte à partir de ce week-end. Un évènement capital pour tenter d’avancer dans la lutte contre le changement climatique, mais qui ne sera qu’un grand moment de greenwashing si au même moment, à quelques kilomètres du lieu où seront prononcées de belles paroles, des centaines de défenseurs des droits humains croupissent en prison, enfermés parce qu’ils gênent le régime égyptien.

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C’est ce que dénoncent 15 prix Nobels dans une lettre ouverte publiée mercredi 2 novembre. "Nous exhortons le monde à ne pas oublier les milliers de détenus politiques d'Egypte et plus particulièrement l'auteur et philosophe britannico-égyptien Alaa Abdel Fattah (…) Si le monde se réunit en Egypte puis repart sans un mot pour les plus fragiles, quel espoir peuvent avoir ces prisonniers ? Si la COP27 se termine sans que personne n'ait osé parler de peur d'énerver la présidence égyptienne, alors quel est le futur qui y est négocié ?".

"Si nous nous soumettons à nos cauchemars, alors la peur nous tuera bien avant le déluge climatique."

15 prix Nobels

dans une lettre ouverte

Alaa Abdel Fattah, 40 ans, est un blogueur, surnommé "l’icône de la révolution" qui croupit en prison depuis près d’une décennie. La justice égyptienne l’a condamnée une dizaine de fois, la dernière pour "diffusion de fausse information" sans possibilité de faire appel. Le verdict a suscité l’indignation, la mobilisation de dizaines d’ONG, en vain. Tabassé, violenté, torturé, il y a six mois, Alaa Abdel Fattah a décidé de se mettre en grève de la faim, et cette semaine, il a annoncé qu’à l’ouverture de la COP27, il arrêterait de boire de l’eau. Il préfère mourir et cette perspective suscite une vague de soutien, de Greta Thunberg à Annie Ernaux, l’écrivaine qui avec Patrick Modiano et 13 autre prix Nobels, signé donc cette lettre ouverte pour demander sa libération.

"Si nous nous soumettons à nos cauchemars, écrivent les Nobels, alors la peur nous tuera bien avant le déluge climatique." Le cauchemar qu’ils dénoncent, c’est bien le régime autoritaire du maréchal Sissi. Un régime qui a arrêté lundi 31 octobre un activiste écologiste indien qui marchait pour le climat au Caire. La lettre des Nobels est donc un test, un défi qu’ils ont envoyé au secrétaire général l’ONU, à l’américain Joe Biden, à Emmanuel Macron aussi, bref à tous ceux qui seront en Egypte, et qui auront le pouvoir de parler sans se faire arrêter.

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