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Condamné à 14 jours de prison, l’activiste climatique canadien Zain Haq juge que "ce n’est rien par rapport la crise climatique qui nous attend"

En restant assis sur un chantier près de Vancouver au Canada, ce militant a bloqué durant cinq heures les travaux d’un pipeline de pétrole dans la forêt de Colombie-Britannique. Condamné à quelques jours de prison, Zain Haq a commencé à purger sa peine cette semaine.

Article rédigé par Marion Lagardère
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3min
Zain Haq, activiste climatique canadien sur le compte Twitter de @SaveOldGrowth. (CAPTURE D'ÉCRAN)

Zain Haq, étudiant en histoire, a 21 ans. Il défend ce qu’il reste de la forêt primaire qui est à côté de Vancouver, en Colombie-Britannique, au Canada. Cette semaine, il a commencé à purger sa peine pour avoir bloqué les travaux d’un oléoduc, le "TransMountain"

Pendant cinq heures, il est resté assis devant le chantier, empêchant les engins de déforestation de passer, jusqu’à ce que la gendarmerie arrive, l’arrête et qu’un juge le condamne à 14 jours d’incarcération. Mais Zain Haq garde le sourire, et il le dit aux médias qui, eux, s’inquiètent pour lui : "être arrêté par la police canadienne et me retrouver une prison canadienne, dit-il au magazine Global Citizen, c’est une paille par rapport à tout ce qui nous attend, et ce qui nous attend, c’est la crise climatique."

Comme beaucoup de jeunes, ce qu’il craint, c’est de devoir endurer une succession de canicules, d’inondations, d’épisodes de sècheresse. Autant dire un futur invivable. Né en 2001, il fait partie de cette génération qui a grandi avec des discours sur l’urgence de sauver la planète, sur les dangers des gaz à effets de serre, du réchauffement, de la consommation d’énergie fossiles, pétrole, charbon et gaz. Il a vu les reportages sur les espèces en voie de disparition, la déforestation, il a marché pour le climat et trié ses déchets.

Et puis il a appris qu’un nouvel oléoduc de 1000km allait être construit, dans sa région, en plus d’un autre, déjà en service. Objectif de ce projet : tripler les livraisons de pétrole vers le Canada, passer de 300 000 barils par jour à 900 000, projet qui implique de raser des milliers d’arbres dans une zone de conservation, ainsi que traverser une rivière et percer une montagne.

Zain a d’abord été choqué puis s’est retrouvé face à un dilemme : publier son indignation sur les réseaux sociaux ou aller sur place. Il a choisi la deuxième option et d’essayer physiquement de retarder les travaux, en restant assis. Depuis 2020, il a été arrêté neuf fois et puis la dixième, un juge a décidé de l’envoyer en prison pour avoir enfreint l’injonction du tribunal à ne pas entraver les travaux. Mais Zain a plaidé coupable, et il est serein : "Je garde espoir, dit-il au quotidien National Observer, on peut faire évoluer les lois pour préserver la planète, et s’il faut passer par la prison pour convaincre, et bien ce n’est pas la fin du monde, la vraie fin du monde, c’est ce qui va arriver si on ne change rien."

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