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Baptisé "Oxygen man", Gaurav Rai, rescapé du Covid en Inde, distribue gratuitement de l’oxygène aux habitants de sa ville

Il a contracté le Covid-19 en juillet 2020 et a été sauvé par une bouteille d’oxygène trouvée par sa femme. Depuis, il s’est donné pour mission d’en collecter un maximum et en a installé 1 100 chez des malades que les hôpitaux débordés ne peuvent pas prendre en charge.

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Des bouteilles d\'oxygène vides, des retour des hopitaux de Bangalore (Inde), le 21 avril 2021. Photo d\'illustration.
Des bouteilles d'oxygène vides, des retour des hopitaux de Bangalore (Inde), le 21 avril 2021. Photo d'illustration. (JAGADEESH NV / EPA / MAXPPP)

Dans un pays qui subit actuellement une recrudescence exponentielle des cas de contamination au Covid, ce que fait Gaurav Rai, 52 ans, est héroïque : il livre des bouteilles d’oxygène, gratuitement, sans rien demander en retour, à tous ceux qui le sollicitent. Ce sont les journaux locaux qui racontent son histoire, ceux de sa ville de Patna, deux millions d’habitants dans l'État du Bihar au nord de l’Inde.

Tous les jours, il commence à cinq heures du matin, regarde les demandes sur ses comptes Facebook et Twitter, mais aussi sur son téléphone dont le numéro passe de main en main. Il charge le coffre de sa voiture de bouteilles d’oxygène, puis les livre directement chez les malades, les installe, leur montre comment les utiliser correctement. Il leur donne un masque et un débitmètre, pour gérer la pression :  "Et ensuite, dit-il à l’India Times, je prends juste une photo de la personne, comme ça j’ai la date et l’heure de livraison. Et je lui demande de me rapporter la bouteille quand elle est vide."

Il fait ça tous les jours depuis juillet 2020, lorsqu’il a lui-même contracté le coronavirus. C’était au moment de la première vague épidémique. Comme des milliers d’indiens, Gaurav Rai a commencé à suffoquer. Son état s’aggravant d’heure en heure, il a été conduit à l’hôpital de Patna, complètement débordé, dépourvu de lit, de places, de personnel et d’oxygène. C’est donc sa femme qui a fait tout le tour de la ville, cinq heures de recherches, pour enfin lui trouver une bonbonne. Comme une évidence, en rentrant chez lui, dix jours après, il s’est mis en tête de produire lui-même, avec ses économies, une réserve d’oxygène. D’abord pour ses amis, ses proches, et puis pour les gens de son quartier.

235 bonbonnes d'oxygène disponibles et un millier de personnes sauvées

La générosité entraînant la générosité, certains de ses abonnés sur Facebook lui ont fait des dons, les uns d’argent, les autres de bouteilles. Aujourd’hui, il est passé de 10 bonbonnes à 235, régulièrement rechargées, et a en a installé au total chez un millier de malades. La semaine dernière, il en a distribué 191, tant la demande est forte et la situation hors de contrôle. Recharger les bouteilles devient de plus en plus compliqué mais Gaurav Rai promet de continuer, de ne pas abandonner ceux que les hôpitaux ne peuvent désormais plus accueillir. Le genre de détermination qui redonne espoir au milieu du chaos, et pas seulement à Patna, et pas seulement en Inde.

Des bouteilles d\'oxygène vides, des retour des hopitaux de Bangalore (Inde), le 21 avril 2021. Photo d\'illustration.
Des bouteilles d'oxygène vides, des retour des hopitaux de Bangalore (Inde), le 21 avril 2021. Photo d'illustration. (JAGADEESH NV / EPA / MAXPPP)