Législatives : que cherchent les dizaines de candidats dissidents à gauche ?

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Toute la gauche est réunie pour les législatives. Toute ? Non. Quelques irreductibles ont maintenu leurs candidature et on les appelle les "dissidents".

Article rédigé par
Renaud Dély - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise, lors d'un déplacement à Nantes (Loire-Atlantique), le 17 mai 2022.
 (ESTELLE RUIZ / HANS LUCAS / AFP)

Ils sont 70 candidats socialistes dissidents à travers le pays, soit presque autant que les socialistes officiellement investis par la Nupes. Il s'agit d'une frange de réfractaires qui refusent l’OPA de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche.

L’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve s’en est fait l’écho lundi soir lors d’une réunion de soutien à la députée PS sortante de Paris, Lamia El Araje, qui affronte l’insoumise Danièle Simonnet. Il a attaqué sans relâche Jean-Luc Mélenchon en fustigeant sa gauche "tumultueuse, qui préfère attiser les colères que nourrir l’espérance" et "choisit le vacarme, l’outrance, la confrontation de tous contre tous".

Il faut dire que les Insoumis le lui rendent bien. Il y a trois semaines, quand Bernard Cazeneuve a claqué la porte du PS pour protester contre l’accord, le député Alexis Corbière, très proche de Jean-Luc Mélenchon, avait lancé que son départ avait "autant d’effet que la disparition de l’horloge parlante".

Mais que pèsent ces socialistes dissidents ?

Pour l’heure, pas grand chose. Et ils n’espèrent pas beaucoup plus lors des législatives. Leur résistance au leadership des Insoumis, c’est une façon de prendre date. La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, a pris la tête de cette fronde. Elle espère déboulonner Olivier Faure de la tête du PS lors du Congrès prévu à l’automne… Carole Delga fustige sur tous les tons "l’accord de renoncement et de soumission" à Jean-Luc Mélenchon contracté par la direction du PS. Et elle arpente tout le Sud-Ouest du pays pour soutenir les nombreux candidats socialistes dissidents.

Mais au-delà des échéances internes d’un parti quasi-groupusculaire, ces nouveaux frondeurs espèrent ressusciter une "gauche réformiste, laïque et républicaine", selon la formule de Bernard Cazeneuve. L’ancien Premier ministre prend même des accents altermondialistes pour répéter qu’"une autre gauche est possible"

Et cette gauche réformiste est-elle toujours possible ?

Pas sûr, surtout que Jean-Luc Mélenchon ne veut pas la laisser renaître. C’est le sens de son slogan "Élisez-moi Premier ministre !" qui vise d’abord à affermir son leadership sur toute la gauche au cours du quinquennat qui s’ouvre. Et c’est aussi le but du programme de rupture qu’il a imposé aux autres partis de gauche.

Jean-Luc Mélenchon est convaincu que le temps de la radicalité est venu. Et il passe par l’éradication de la social-démocratie et du PS, ce parti auquel il a appartenu durant 33 ans et auquel il reproche de l’avoir toujours sous-estimé…

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