Législatives 2022 : à qui profite le ralliement des socialistes au programme de la France insoumise ?

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Jean-Luc Mélenchon a donc réussi à rassembler la gauche pour les législatives. Le chef de file des Insoumis est-il un adversaire redoutable pour Emmanuel Macron ?

Article rédigé par
Renaud Dély - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le candidat "insoumis" à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, s'exprime lors d'un meeting à Lille (Nord), le 5 avril 2022. (ISA HARSIN / SIPA)

A première vue, la gauche rassemblée est en meilleure posture que divisée, bien sûr, en tout cas pour se qualifier au second tour dans de nombreuses circonscriptions pour les élections législatives des 12 et 19 juin prochains.

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Quant à conquérir une majorité absolue et imposer une cohabitation, là, le rapport de forces lui laisse peu d’espoir. L’objectif de l’accord, c’est surtout de faire élire le plus de députés d’opposition possible, 100, peut-être 150, pour "résister" à Emmanuel Macron. "Résistance", c’est le mot d’ordre des Insoumis. Et puis Jean-Luc Mélenchon veut assurer durablement son hégémonie sur la gauche. Dans ce but, il personnalise le plus possible l’échéance des législatives avec le mot d’ordre "Mélenchon à Matignon !" Au risque, finalement, de rendre service à Emmanuel Macron…

Car l’idée même d’installer un tandem aussi instable au sommet de l’exécutif peut inquiéter une partie de l’électorat. Depuis cinq ans, Jean-Luc Mélenchon s’est parfois emporté. Il souvent tenu des propos brutaux sur "le type de l’Elysée", comme il a parfois qualifié le chef de l’Etat. Le chef de file des Insoumis essaye de gommer son image depuis quelques semaines, mais il reste extrêmement clivant. Il enthousiasme ses supporters, mais suscite aussi un net rejet dans le reste de l’opinion.

Un vrai programme de rupture ?

Emmanuel Macron veut jouer de cet effet repoussoir pour achever de siphonner gauche et droite modérées. Il espère puiser des renforts du côté des électeurs sociaux-démocrates, inquiétés par les excès de l’Insoumis et attachés à l’Union européenne, comme au sein de la droite libérale effrayée par le programme de la Nouvelle Union Populaire écologique et sociale. La Nupes.

Alors, une question : ce programme défendu par Jean-Luc Mélenchon est-il un vrai programme de rupture ? Oui : en rupture avec le quinquennat de François Hollande, mais aussi avec les années Jospin. Ce gouvernement de la gauche plurielle est celui qui avait le plus privatisé de ces trente dernières années. Cette fois, la gauche veut renationaliser les banques, les aéroports, les autoroutes, EDF et Engie. Sans oublier la retraite à 60 ans pour tous. C’est Retour vers le futur... ou du moins retour à 1981 !

Les Marcheurs veulent dégainer l’argument pour attaquer Jean-Luc Mélenchon sur la faisabilité et le financement de son projet. Exactement comme ils l’ont fait pour démonter le programme de Marine Le Pen durant l’entre-deux tours de la présidentielle. Au fond, c’est bien le risque qu’a pris la gauche en se laissant aspirer sur ses marges radicales par Jean-Luc Mélenchon. Celui de délaisser un espace encore plus large au centre pour Emmanuel Macron…

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