Le retour de Macron l'Européen

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Emmanuel Macron  préside le conseil de l’Union européenne jusqu’au 30 juin et il a profité, lundi 9 mai, d’un grand discours devant le Parlement de  Strasbourg pour dévoiler une série de propositions visant à réformer l’Europe. 

Article rédigé par
Renaud Dély - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Le président français Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse au Parlement européen de Strasbourg (Bas-Rhin) le 9 mai 2022 (LUDOVIC MARIN / POOL)

C'est le retour de Macron l’Européen !  Avec l’ambition d’ouvrir une bonne douzaine de chantiers d’ampleur, parmi lesquels une nouvelle révision des traités, une réforme du fonctionnement de l’UE pour étendre les domaines régis par le vote à la majorité plutôt qu’à l’unanimité, ou encore la création d’une communauté politique européenne à côté de l’UE pour y accueillir l’Ukraine en parallèle de sa longue procédure d’adhésion.

Un projet européen donc, mais aussi des arrière-pensées nationales. D’ailleurs Emmanuel Macron l’a quasiment avoué un peu plus tard, à Berlin, où il est allé rencontrer le chancelier Olaf Scholz. Le chef de l’Etat a expliqué que lors de la présidentielle, en le réélisant, les Français avaient le fait le choix de l’Europe contre le projet nationaliste de Marine Le Pen, qui aboutissait à une sorte de Frexit implicite.

Or, après la présidentielle, commence la campagne des législatives et un adversaire, Jean-Luc Mélenchon qui préconise, lui, la "désobéissance" aux traités européens dans certaines circonstances. Une ligne sur laquelle l’insoumis a attiré, non sans mal, l’ensemble de la gauche. En prônant le dialogue plutôt que le conflit pour essayer de changer l’Europe, Emmanuel Macron espère séduire les sociaux-démocrates et les écologistes qui peinent à digérer l’inflexion souverainiste de l’accord unitaire de la gauche.

La révision des traités promise par Emmanuel Macron a-t-elle une chance de voir le jour ?

C’est un processus évidemment très long, et très compliqué, d’autant que 13 Etats sur 27 y sont pour l’heure, hostiles. La gauche qui dénonce le cours libéral de l’Europe a beau jeu de critiquer les discours pas toujours suivis d’effets d’Emmanuel Macron. Dès son élection en 2017, à la Sorbonne puis à Athènes, le chef de l’Etat avait prononcé des allocutions solennelles qui promettaient, déjà, de "refonder l’Europe". Il a parfois plaidé dans le désert et eu bien du mal à convaincre ses partenaires, notamment l’Allemagne.

L’Europe est quand même repartie de l’avant ces dernières années, notamment en mutualisant sa dette pour faire face à la crise sanitaire. D’ailleurs, sur le plan budgétaire, comme en matière de politique économique ou et de Défense, l’Union a sans doute, paradoxalement, davantage progressé à cause du Covid-19 et de Vladimir Poutine, que grâce aux discours d’Emmanuel Macron.

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