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La réforme du collège ou la loi de Godwin en politique

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Nicolas Sarkozy a accusé Najat Vallaud-Belkacem d’être aussi nulle que Christiane Taubira. Le gouvernement lui répond que c’est de la xénophobie, du racisme. La droite répond qu’avec de telles accusations les socialistes veulent éviter de parler du fond dans le débat sur la réforme du collège.
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Radio France
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 (Olivier Bost © RF)

Nous ne sommes pas loin d’avoir atteint le point Godwin. La loi de Godwin est cette règle qui a établi au début d’Internet que, quand une discussion dure, on finit toujours par se faire comparer aux nazis ou à Hitler. Et là, en 48 heures, effectivement la discussion sur la réforme du collège est montée dans les tours. Il y a maintenant plusieurs façons de voir les choses. Le gouvernement est-il réellement en difficulté et sur la défensive, ou prend-t-il goût à ce combat, et le mène-t-il avec bon cœur ?

 

Pour faire vite, Nicolas Sarkozy a accusé Najat Vallaud-Belkacem d’être aussi nulle que Christiane Taubira. Le gouvernement lui répond que c’est de la xénophobie, du racisme. La droite répond qu’avec de telles accusations les socialistes veulent éviter de parler du fond. Nous sommes maintenant dans un  dialogue de sourd, loin, très loin désormais de la réforme du collège. 

S’agit-il encore d’un débat ?

Il y a encore des échanges mais il faut bien distinguer ce qui relève de ce débat très cafouilleux, où l’on mélange beaucoup de choses entre la refonte des programmes du collège et la réforme du collège. Et où il y aussi beaucoup de contre-vérités. Il faut distinguer tout ce bruit des vraies manipulations politiques. Et dans ce domaine, comme pour le reste, la gauche comme la droite s’en donne à cœur joie. La droite joue sur un ressort qui fonctionne très bien : les socialistes font de l’égalitarisme et du nivellement par le bas. C’est une idée très simple et qui marche dans l’opinion.

Le gouvernement, lui, ravive des clivages qui lui permettent même de recoller les morceaux avec les écologistes. Mercredi matin, Bruno Leroux et l’ancienne ministre, toujours fâchée, Cécile Duflot se sont affichés côte à côte pour défendre la réforme du collège. Du jamais vu depuis un bon moment. De mauvaises langues, dans la majorité, pensent que toute cette polémique peut même permettre pour une fois d’afficher une politique de gauche. Ces mauvaises langues préparent aussi un Congrès début juin mais c’est une autre histoire.

Comment tout cela peut-il se finir ?

En revanche, ce qui est sûr et certain, et c’est un ministre qui nous l’a confié : "Les critiques sont montées tellement haut à droite qu’elles empêchent toutes critiques à gauche de monter ". Décidemment, en ce moment, le gouvernement transforme tout en bonne nouvelle.

 

Le pouvoir estime que "les critiques de la droite ne tiendront pas". C’est pour cela que François Hollande a encore une fois insisté ce mercredi matin en Conseil des ministres pour que tout le monde soutienne Najat Vallaud-Belkacem. Il a demandé au gouvernement de faire bloc autour de la ministre de l’Education. Un responsable socialiste nous a dévoilé mercredi midi quelques dessous des cartes : "Officiellement, le gouvernement ne cède sur absolument rien, ce qui n’empêche pas en coulisse de continuer de discuter et d’arrondir les angles". L’un n’empêche pas l’autre, et d’ici là, nous parlerons peut-être d’autre chose. Qui sait ?

 

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